« Mon ami GAROU »
Malgré un succès qui en semble pas connaître de limites, Garou n’a pas
changé. Toujours simple, loyal et doté d’un charme à faire rougir d’envie
Casanova lui-même, le chanteur reste le même, qu’il soit à Sherbrooke ou à
Paris, que ce soit devant 10 ou 10 000 personnes. Notre collaborateur
DOMINIQUE NADEAU, un ami de longue date de la star, est bien placé pour le
savoir…
« Le but, c’est d’avoir du plaisir avec les musiciens et de transmettre ce
plaisir à L’auditoire. » Ainsi s’exprimait Garou dans un article que l’auteur de
ces lignes écrivait dans le journal étudiant de l’Université de Sherbrooke, il y
a sept ans. Le populaire chanteur animait alors les folles soirées des
Dimanches à Garou, au bar Liquor Store de Sherbrooke, soirées au cours
desquelles il invitait les musiciens de la région à se produire sur scène en sa
compagnie. Aujourd’hui, malgré son succès, Garou conserve ce besoin de provoquer
des sourires, en confiant sa voix au service de la musique. « Je tripe sur les
regards qui s’illuminent quand je chante, j’aime voir les gens s’épanouir même
si ce n’est que l’espace d’une chanson », me confiait-il récemment. Pour l’avoir
vu s’exécuter dans le métro, par pur plaisir, devant deux clients éméchés dans
un bar ou pour des copains autour du feu, je sais qu’il en a toujours été ainsi
pour lui.
La magie Garou
J’avais 16 ans la toute première fois que j’ai entendu chanter Garou,
dans le fumoir du Séminaire de Sherbrooke, l’école secondaire que nous
fréquentions. Je le revois assis par terre, guitare au cou et
cigarette au bec, entonner Salut les amoureux, de Joe Dassin…
tout aussi souriant et heureux à L’époque que lorsqu’il l’interprète
aujourd’hui devant des milliers de personnes ! Cette générosité qui
émane naturellement de lui lorsqu’il ne fait qu’un avec la musique et
le public est imprégnée de la même intensité, qu’elle soit exprimée
devant 10 ou 10 000 spectateurs.
Si sa voix lui a tracé la voie, on peut affirmer, sans risque de se tromper,
que son charisme compte aussi pour beaucoup dans le roman d’amour qu’il écrit
avec ses fans jour après jour. Un charme, par ailleurs, qui opérait bien avant
qu’il ne parvienne au statut de vedette de la chanson. Un jour, une jeune
cycliste qui dévalait une pente a légèrement heurté sa voiture, une vieille
Chevette. Il s’agissait bien sûr d'un accident, dont Garou était en partie
responsable. La jeune fille était de fort mauvaise humeur à la suite de
l'incident, mais Garou s'est vite empressé de s'agenouiller devant elle pour
l'aider à se relever. Complètement hébétée, au lieu de continuer à maugréer,
elle lui a remis son numéro de téléphone! C'est un peu ça, la magie Garou. Un
sourire ravageur, une voix de minuit renversante, un regard qui berce...
Garou, lui, puise depuis toujours une partie de son bonheur dans le partage
de la musique, bien davantage que dans la gloire susceptible d’y être rattachée.
Sans foi ni loi pour credo. « Connaître un succès international ? Honnêtement,
je m’en fous. Si tout devait s’arrêter demain, je retournerais chanter dans les
bars et j’aurais autant de fun que j’en ai aujourd’hui. »
L’école de la vie nocturne
Talentueux. Généreux. Authentique. À eux seuls, ces mots traduisent à
merveille la recette de l’immense cote d’amour dont Garou jouit auprès
des publics français, belge, suisse et québécois. Un succès nullement
souhaité cependant, une heureuse « fatalité » en quelque sorte. « Je
n’ai jamais eu l’ambition de faire carrière en musique. Ce n’était
d’ailleurs pas un désir, encore moins un objectif. Cette ambition,
c’est mon entourage et les gens qui ont croisé ma route qui l’ont eue
à ma place. Mon ambition à moi, ce serait peut-être de les rendre
heureux. »
Sur sa route, depuis des lunes, de multiples coups de dés ont roulé en sa
faveur. Comme cette fois où un chansonnier du nom de Louis Alary l’avait invité
à le remplacer pour une ou deux chansons. La serveuse du bar, emballée par la
voix de Garou, avait téléphoné à son patron en catastrophe afin qu’il écoute le
chanteur. Au bout du fil, celui-ci, enchanté par ce qu’il entendait, avait
demandé à son employée d’embaucher Garou pour les semaines à venir. À la suite
de ces premières soirées, d’autres propriétaires de bars de la région
sherbrookoise se sont montrés intéressés. C’est de cette façon que l’artiste a
commencé son apprentissage du métier, à la dure école de la vie nocturne, au gré
des propositions, et surtout, sans jamais rien demander. « Moi, je n’ai jamais
eu d’attentes, pas plus à cette époque qu’aujourd’hui. Mais beaucoup de gens
autour de moi s’en font. Ce sont eux qui risquent d’être déçus si ma carrière
plafonne. »
On connaît la suite. De fil en aiguille, Garou a fondé The Untouchables, le
groupe de percussions dont il rêvait depuis longtemps. Ce sont eux qui ont fait
craquer Luc Plamondon au cours d’une soirée passée au Liquor Store de Magog. Le
destin, une fois de plus… « Avec The Untouchables, j’avais enfin trouvé le son
qui me faisait triper. C’est avec eux que j’ai réellement pris goût à la scène.
D’ailleurs, la première fois que René Angélil les a entendus, le soir du
lancement de l’album Seul, il n’en est tout simplement pas revenu. »
Ce sont ces mêmes Untouchables qui le suivent en tournée aujourd’hui, de même
que plusieurs de ses amis, à qui il a confié divers postes au sein de son
équipe. Garou ne les a pas oubliés, ce qu’il aurait aisément pu faire s’il
s’était enflé la tête. « J’adore tout ce qui est paradoxal. Une partie de mon
équipe est composée de gens qui travaillent avec la chanteuse numéro un au
monde, tandis que l’autre comprend mes vieux chums de Sherbrooke et mes
musiciens. Ça crée un équilibre fabuleux. J’ai d’ailleurs toujours su que ma
gang serait là. René Angélil est comme moi, il a toujours été très loyal. On se
ressemble beaucoup là-dessus. »
À la conquête du monde
Aujourd’hui, avec des ventes de près de 1,8 million d’exemplaires de
Seul et de quelque 300 000 de Seul… avec vous un peu plus
d’une semaine seulement après sa sortie, Garou a le vent dans les
voiles. Plus de 125 000 personnes, en Europe et au Canada, ont assisté
à son spectacle. À travers tout ça, il a eu une petite fille… « Que ma
petite Émilie soit arrivée en même temps que le succès de l’album
Seul, ça fait bien des choses à assimiler. »
Ses propos me rappellent ces fort belles paroles extraites d’une chanson
qu’il avait composée (paroles et musique) alors qu’il était âgé d’à peine 18
ans : « Mais moi, j’suis rien qu’un loup qui court toujours, qui ne voit pas
qu’les pas qu’il pose s’imposent à la beauté d’aimer… »
Rien, aujourd’hui, n’est plus vrai…