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Votre équipe
m'a accordé une heure pour l'interview, j'espère que je vais respecter le
timing.
(Rires.) C'est vrai que j'ai un
planning assez serré !
A l'heure près ?
Je travaille beaucoup entre le
Canada et la France, alors il faut également tenir compte des décalages
horaires, ce n'est pas évident.
Vous êtes immense ! Et
charismatique ! On vous le dit souvent ?
On me dit cela assez souvent,
c'est drôle. On ne sait pas vraiment ce que cela veut dire d'ailleurs, mais je
crois que cela ne s'explique pas. Ça
me plaît assez qu'on me fasse ce genre de compliments parce que j'ai toujours
été complexé physiquement.
Garou, complexé ?
Oui, pas sur des choses précises
mais je ne suis pas sûr de moi. Je n'aime pas me regarder.
Avec votre métier,
difficile d'y échapper…
J'ai toujours constaté que les
Français accordent beaucoup d'importance à l'esthétique. Alors ce qui m'a plu
quand je suis arrivé en France, ça a été de commencer ma carrière en
interprétant Quasimodo dans Notre-Dame de Paris. J'ai préféré me
démarquer par ma voix et la profondeur de mon personnage. Et finalement, tout
s'est retourné. J'ai enchaîné les télés et les gens m'ont trouvé pas mal pour un
Quasimodo !
Dynamique, toujours élégant, qui
a beaucoup d'argent et qui sait aussi profiter de la vie… Ca vous ressemble un
peu ?
Je n'aime pas l'argent, je n'ai
aucune notion de l'argent. J'en ai, je m'en sers, j'en dépense… J'aime la vie et
je mords dans la vie ! A trente-deux ans, je me pose encore beaucoup de
questions, vous savez ! Par exemple, je n'ai toujours pas compris ce qu'était la
notion de couple… Il y a plein de choses que je me permets d'essayer, de
réinventer grâce à l'argent.
"Avec dix euros
? Je peux m'amuser comme un fou. Et m'emmerder avec dix mille !"
Vous "mordez dans la
vie", de quelle façon ?
Quand je suis chez moi au
Québec, je me contente de choses simples. Je fais des petites bouffes, je me
contente d'un rien, je profite du temps que je passe avec ma fille. Par contre,
quand je suis amené à me déplacer à Paris, par exemple, là je suis épicurien à
fond ! J'aime les grands restaurants, les soirées qui n'en finissent plus, le
shopping, etc. Pourtant je ne suis pas du tout comme ça à la base. Au Québec,
j'habite dans un petit village, un village minuscule. Je me fais saluer au même
titre que le boucher. Ca vous gêne si je fume ?…
Non, pas du
tout. D'ailleurs, si je vous propose un chewing-gum ou une cigarette, votre
choix est fait ?
Je vais prendre une cigarette,
parce que j'avale tout le temps les chewing-gums !
Un coca ou un whisky
?
Je vais prendre un coca. Du
moins je vais essayer.
Une soirée
plateau-télé ou une bringue en discothèque ?
Je suis assez facile à
convaincre pour une bringue en discothèque !
Vous vivez
sans cesse entre deux avions… et très souvent à l'hôtel. Il ne vous arrive
jamais d'avoir envie de vous poser ?
Si je n'avais pas ma fille, ça
ne me dérangerait pas. Parce qu'au fond, ma nature ressemble assez à la vie que
je mène. J'ai toujours besoin de bouger. Ce qui me rend cette vie difficile,
c'est d'avoir un enfant.
Si vous n'aviez pas
fait ce métier, qu'auriez-vous aimé faire ?
Gamin, je voulais être
archéologue. Mais en fait j'étais assez paumé, alors j'ai fait plein de petits
boulots. Je gagnais ma vie comme je le pouvais, en vendant des fringues, en
étant peintre en bâtiment, éboueur, vendangeur… J'ai travaillé dans l'armée
aussi. J'ai fait toutes sortes de boulots.
Qui est vraiment
Garou ?
Garou, c'est avant tout les
balades dans la nature, les soirées pop-corn, les dîners en famille. Mais à vrai
dire je crois que j'ai besoin des deux vies que je mène. J'ai une maison au bord
d'un lac et j'ai besoin d'y retourner régulièrement pour me ressourcer et me
retrouver seul. D'un autre côté, j'ai vraiment besoin d'une vie urbaine, qui
bouge.
Y a-t-il des valeurs
morales qui ne vous quitteront jamais ?
La loyauté, l'honnêteté (je suis
peut-être trop honnête, d'ailleurs). L'authenticité qui me suit partout, c'est
ce que je recherche le plus chez les gens et dans la vie. J'y accorde tellement
d'importance, que je vais jusqu'à m'en éloigner pour en savoir plus sur moi et
sur les gens qui m'entourent.
Y en a-t-il d'autres
faciles à oublier quand on est une figure du show-biz ?
La simplicité, parce que tout
devient compliqué. Tout est complexe quand tu fais ce métier. C'est compliqué de
rendre les choses simples ! Si j'ai envie d'aller boire un café, il faut que je
me pose un tas de questions avant de le faire. Et ça, c'est le plus gros
sacrifice.
L'argent est-il
tabou pour vous ?
Non, je n'ai pas du tout la
notion de l'argent. Je peux très bien m'amuser avec comme un fou avec 10 euros
en poche et m'emmerder en claquant 10 000 euros !
Qu'est-ce que vous
feriez avec dix euros, par exemple ?
J'irais voir un film dans un
pays où personne ne me connaît.
Encore faut-il
pouvoir payer le voyage…
Ah oui, c'est vrai ! Alors je
passerais juste une soirée DVD avec du pop-corn qui coûte pas cher.
Et avec dix mille
euros, comment pouvez-vous passer une soirée minable ?
En allant au casino, par
exemple. Ou alors en passant une soirée à me défoncer la gueule et en me rendant
compte le lendemain matin que ça n'a servi à rien.
Que faites-vous de
votre argent ?
Je viens d'ouvrir un restaurant
de gastronomie au Québec, j'aime bien encourager ce genre de projets.
Les belles
fringues, les marques de renom, les villas, les voyages de rêve… Vous y accordez
de l'importance ?
J'aime bien être tendance. Les
marques, oui c'est vrai, je suis tombé là-dedans ! Ce sont des folies que je me
permets. Mais après tout, l'argent sert à ça : à s'offrir des trucs inutiles.
Et les voitures ?
J'adore les voitures. J'ai une
X5 BMW pour l'hiver et une petite voiture de sport pour l'été. C'est une Ferrari
version japonaise dans laquelle j'ai mis plein de fric pour qu'elle soit encore
plus puissante. Je suis assez testostérone à ce sujet !
A quoi ressemble
votre maison au Québec ?
Au départ, je voulais une
maison-chalet comme à la montagne. En fin de compte, c'est une maison très
moderne, un délire architectural. Je viens de faire reconstruire toute une
partie de la maison pour faire un studio professionnel. C'est une grande maison
high-tech. Il y a des fils partout. Il y a des systèmes de sons spéciaux et
plein de gadgets. C'est comme une espèce de gros roc perdu au milieu de la
nature.
A part votre folie
dépensière, êtes-vous capables d'autres folies ?
J'adore les sensations fortes,
alors ça oui ! J'aime les choses extrêmes.
Pourriez-vous
aujourd'hui vous réhabituer à une vie plus modeste ?
Oui, mais il faudrait qu'on me
retire également la notoriété. Si personne ne me connaît, je pourrais facilement
retourner dans une petite maison de quartier. Ce qui doit être dur par contre,
c'est de continuer à être connu, d'être désigné du doigt et ne plus rien avoir,
ni carrière, ni argent. |