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Il a déjà vendu plus de 3 millions, il est aussi connu à Rimouski qu’à
Bruxelles, Varsovie, Beyrouth ou Paris. En plus – et c’est là que ça devient
intéressant –, il est toujours célibataire ! Chanceuses, on vous offre quatre
pages en tête-à-tête avec Garou…
PAR
ALINE PINXTEREN
Retenez-moi tout le monde,
ou je me jette dessus ! Pendant qu’il s’approche de moi, je joue à la
journaliste sérieuse, bien concentrée sur son entrevue ? Une bise, deux bises…
Garou m’embrasse (je sais, plein d’autres filles en ont eu beaucoup plus, mais
je m’en fous) !!! J’entends déjà les blasées gloser sur mon contentement béat.
Riez toujours, en attendant, je ne dois pas être la seule à qui il fait cet
effet-là : nous avons commencé l’entrevue dans un resto désert… et nous l’avons
terminée au milieu de tables bondées ! Tout le cégep d’en face avait apparemment
une envie subite de hamburger-poutine à 2h30 de l’après-midi…
Oui, il est grand. Oui, le
bleu de ses yeux est à tomber par terre. Oui, sa bonne humeur est contagieuse.
Oui, il fait craquer la harpie la plus revêche avec sa voix grave. Et oui, il
est exactement comme vous l’imaginez. En plus sympa et plus intelligent encore.
Vous le constaterez d’ailleurs bientôt vous-même sur scène, puisqu’il vient
d’entamer sa tournée. Et ce que vous lirez ci-dessous pourrait bien vous inciter
à aller le constater vraiment de tout près !
Des
foules en délire vont t’applaudir tous les soirs jusqu’à la mi-décembre. Comment
gardes-tu les pieds sur terre ?
J’ai plein d’amis autour de moi en tournée : mon bodyguard est un ami
d’enfance – on habitait la même rue, petits –, mon road manager était le
propriétaire des bars dans lesquels je jouais, et je connais mon tour manager
depuis longtemps aussi. On se développe une petite routine à nous. Ils
savent que je n’ai pas envie d’être la star partout. Je travaille beaucoup, j’ai
de la pression, donc je veux toujours avoir un petit peu plus côté privilèges.
Mais sinon, ce qu’on aime, c’est une ambiance très amicale, très ordinaire. Puis
on se trouve d’autres problèmes auxquels penser en tournée, je parle à mes amis
dans les affaires à Montréal, et leur restaurant, leur bar ou leur salle de
spectacle devient la star. Ce n’est plus moi le centre d’intérêt, ça fait du
bien…
Tu
réussis toujours à contrôler ton ego ?
Je me sens très mal à l’aise quand le monde me saute dessus dans la rue, je me
bats pour avoir la vie la plus commune possible, mais lorsque je monte sur scène
par contre, l’objectif c’est ça ! Et ce n’est pas une idolâtrie déplacée, du
moment que je canalise cette énergie et que je la rends au public d’une façon
saine. Quand tous ces gens crient mon nom, j’arrive à prendre le recul suffisant
pour comprendre qu’ils ne m’aiment pas plus qu’un autre pour autant. Certains
artistes pensent que, chaque soir, tout le monde veut les voir, mais pour le
public, c’est un « spécial », il décide que, ce soir-là, il veut voir tel
artiste. Et ce soir-là, c’est moi…
Mais
il a bien des moments où tu n’arrives pas à canaliser toute cette passion ?
J’ai plus de mal dans la vie de tous les jours. On nous dit souvent : « C’est super,
vous voyagez, vous voyez plein de villes », mais dans le fond, on ne voit qu’un
théâtre, et les salles de spectacles se ressemblent toutes. Les chambres
d’hôtel, elles, ne se ressemblent malheureusement pas. Si c’était le cas, au
moins on se sentirait un peu plus à la maison (rires) ! Là, tu te lèves
le matin, « eau chaude, eau froide, c’est de quel côté ? », la pomme de douche
n’est pas assez haute… tous des problèmes ridicules aux yeux de la plupart des
gens, qui ne comprennent pas, qui se disent : « Ah ! Moi, j’aime aller à l’hôtel
quand je pars en vacances ! » Mais ce n’est pas ça du tout.
Tu
es déjà très haut. Avec un album en anglais, tu le seras encore plus… Pourquoi
continuer à monter ? À quoi ça sert ?
C’est beaucoup par curiosité. Quand j’ai rencontré l’équipe de René Angélil et
Céline Dion c’était leur projet, et même si je n’avais pas cette ambition, j’ai
signé. Si j’avais refusé, je l’aurai regretté toute ma vie ! Je voulais
continuer à explorer… Mon objectif, ce n’est pas d’avoir une salle qui crie mon
nom chaque soir, c’est d’aller voir le monde. Je veux rendre visite, parler au
plus de gens possible. « Monter » en soi n’est pas nécessairement plus
intéressant. Quand on atteint le sommet d’une montagne, on a une jolie vue, mais
ça ne veut pas dire que la vue au milieu de l’ascension était moins belle.
Jusqu’à présent, tes chansons sont toujours nées du regard d’un autre sur toi,
puisque tu n’en es jamais l’auteur. Quand aura-t-on droit à ton regard à toi sur
les autres ? Sur
une centaine de chansons que j’avais reçues pour Reviens, j’en avais
écrit deux… et je ne les ai pas gardées ! On trouve souvent plus les mots quand
quelqu’un d’autres les écrit. À 14 ans déjà, je me voyais auteur avant d’être
interprète, j’aimais beaucoup écrire. Je n’en ai plus envie en ce moment, mais
ça va sûrement revenir. Quand on chante son propre texte, on n’a pas ce trip
de l’entendre la première fois, de le découvrir… C’est formidable d’être
public d’abord, puis de devenir interprète devant un public… qui, lui aussi,
interprètera ensuite la chanson à sa façon !
Tu
voulais percer dans la musique avant 25 ans. Maintenant, à 31 ans, tes objectifs
sont professionnels ou plus privés ?
Dans le métier, j’en ai fait
beaucoup plus que je ne pensais jamais en faire ! Donc, j’ai plutôt des rêves
personnels. J’ai envie de piloter ! Je veux avoir un hydravion. Peut-être un
hélico aussi… J’aurais déjà pu trouver le temps d’avoir mon brevet, mais je
voudrais pouvoir enchaîner directement avec beaucoup d’heures de vol. Il me faut
un bon six mois ! Je veux aussi toucher au cinéma. Tellement de monde m’en
parle. Je devrais essayer au moins, voir si ça me convient, sinon, là aussi, je
le regretterais.
SAGE COMME UNE IMAGE ?
On te voit toujours comme un gars de party… La dernière fois que tu as regardé
un DVD chez toi, puis que tu t’es couché à une heure décente, ça remonte à
quand ?
Avant-hier (rires) ! J’étais tranquille à la maison… Mais je me suis
quand même couchée à deux heures du matin ! Non, ça m’arrive, surtout quand je
suis avec ma fille, Emelie : il ne faut pas que je me couche trop tard.
Tu
côtoies quand même encore le monde de la nuit ?
Oui ! Ma grande résolution
d’ailleurs, c’est d’être capable d’en sortir ! Je ne veux rien manquer. Quand
j’étais kid, je refusais d’aller me coucher parce que je voulais tout
voir. Il y a tellement de soirée où je n’attendais rien et des choses fabuleuses
me sont arrivées que je me dis que je ne veux pas en manquer une seule. J’adore
le monde de la nuit, il est plus ouvert, moins stressé, moins artificiel. Les
gens se laissent plus aller, lâchent les barrières, tandis que le jour, ils ne
pensent qu’au rendement.
Pourquoi tu veux arrêter alors ?
Je commence à trouver ça plus dur ! J’ai ma fille, puis ce n’est pas une vie… Je
veux faire plein de choses de jour aussi : je ne peux pas être un pilote de
nuit !
Mais
tu n’es pas vraiment tanné ?
Non, c’est le problème ! Les
boîtes de nuit, ça commence à m’énerver, la grosse musique, personne ne se
parle… Mais le fun, c’est la fin de soirée : on fait une rencontre, on parle, on
va prendre un verre après…
On
rencontre de vraies personnes la nuit ?
Dans le fond, tout le monde
joue le jeu de la séduction… Mais le gens le jouent aussi le jour ! La nuit, ils
le font juste avec plus de folie, et souvent, la folie révèle beaucoup de
choses… Après une soirée bien arrosée avec des amis, ça arrive souvent qu’on se
dise : « Mon Dieu, je ne pensais pas que cette personne-là était comme ça, elle
cachait bien son jeu ! » La carapace tombe… La nuit, j’ai rencontré beaucoup de
gens qui comptent dans ma vie.
NON, ILS NE SONT PAS ENSEMBLE !
Ces personnes qui comptent, elles sont parfois blessées en lisant certains
journaux à potins ?
Ça blesse. Je n’aime pas le
people magazine, je ne joue pas ce jeu-là. Au quotidien, je suis
super-rigoureux avec le monde autour de moi : « Il ne faut pas que tu dises ça,
il ne faut pas que tu fasses ça. » Il y a tellement de mauvaises
interprétations… Comme par exemple le Voici, en France, avec Natasha
St-Pier et moi en couverture. Natasha, je l’adore ! Mais on est comme frère et
sœur depuis le début… En plus, ce qu’ils n’écrivent pas, c’est que Mario, mon
gérant, était là aussi. Ils cadrent toujours la photo comme ça les arrange.
Imaginez quand on est vraiment avec quelqu’un, quand il s’agit vraiment d’une
amoureuse dans votre vie… Ça fait mal. Je pense à mon ex, par exemple, ça n’a
pas été facile pour elle. On se promenait jamais l’un à côté de l’autre. En un
mois et demi, on a marché 10 secondes maximum ensemble dans Paris, et ça s’est
retrouvé partout ! C’est difficile d’avoir une vie normale…
Tu
ne te trouves jamais parano ?
Je suis très parano, invivable ! Des fois, c’est trop. Mon ex pouvait avoir
l’impression que j’avais honte, que je ne voulais pas la montrer, alors que
j’essayais juste de protéger ce que j’ai de cher et ce qui me fait du bien dans
la vie. En même temps, j’ai tellement d’autres privilèges, je ne me plaindrais
pas, c’est un beau métier.
Oui, mais devoir tout le temps penser à ça avant de sortir… Quand je me suis
planté sur la route, j’ai eu un accident, j’ai failli mourir. Et aussitôt que je
suis sorti de la voiture en feu, la première chose à laquelle j’ai pensé ce
n’est pas : « Je suis vivant », mais « Il faut que je fasse attention qu’aucun
photographe n’arrive ». Je ne pouvais même pas garder pour moi ce moment où
j’aurais pu y rester. J’aurais dû aller quelques fois à l’hôpital aussi, mais je
n’ai pas voulu ça aurait été trop compliqué.
Ta
double vie, entre l’Europe et ici, n’est pas trop pesante ?
Non, au
contraire ça me « balance ». Je prends le meilleur des deux mondes. Paris, la
ville de la nuit et ici la campagne avec ma fille…
ON PASSE AUX CHOSES
SÉRIEUSES…
Ça
ne te dérange pas de parler des femmes ?
Pas de problèmes, j’adore le sujet !
Tu penses
rencontrer un jour la « femme de ta vie » ?
Je peux rapporter les paroles de quelqu’un ? C’est une des plus belles phrases
que j’aie entendues. Quand on lui a demandé s’il avait enfin trouvé la femme de
sa vie, le chanteur Claude Nougaro a répondu : « J’ai souvent trouvé la femme de
ma vie, maintenant je crois que j’ai trouver la femme de ma mort. » J’espère un
jour rencontrer la femme de ma mort, celle avec qui je partagerai beaucoup de
choses avant de mourir, qui sera là à la toute fin a côté de moi, c’est le rêve
ultime. Mais j’ai déjà rencontrer quelques fois la femme de ma vie…
Et
elles comprennent ta double vie ?
C’est surtout dur pour ma fille. Je ne peux pas lui demander de comprendre,
mais en même temps, je suis convaincu qu’un jour, elle le fera parce que je lui
offrirai peut-être des affaires que tous les papas ne peuvent apporter : des
voyages, des expériences, de grosses charges d’émotions… Elle sait déjà à quel
point je l’aime et à quel point je suis complètement dévoué quand on passe du
temps ensemble. Mais pour le moment l’absence est difficile. Pour une femme,
c’est différent. J’espère en tout cas rencontrer quelqu’un qui vit bien l’amour
a distance, ça ajoute encore du piquant…
La
célébrité a changé quelque chose a ton succès féminin ?
Oui, ça change beaucoup
(rires) ! Les filles ne me parlaient pas avant ! Le plus drôle, c’est
l’approche. Certaines personnes m’appellent Pierre, juste pour se rapprocher de
moi ( le « vrai » nom de Garou est Pierre Garand ). Elles veulent briser le
mythe de l’artiste : « Moi, je t’aime pas pour Garou, mais pour Pierre, ce que
tu es vraiment. » Avant c’était plus facile de savoir pourquoi une femme venait
vers moi… Ça m’a frustré a un moment. Aujourd’hui j’en ai fait le deuil : dans
le temps peut-être qu’une fille m’approchait à cause de ma voiture, de mes
vêtements, de mon discours, d’un centre d’intérêt. Maintenant, être chanteur,
c’est mon gros centre d’intérêt, ça fait partie intégrante de ce que je suis.
Donc ce n’est pas vraiment plus mal. On est toujours attiré par quelque chose en
particulier au premier regard. C’est plus tard qu’on sait s’il y a vraiment
compatibilité…
La
femme parfaite tu la vois comment ?
Ça
serait un amalgame de plusieurs : la force de Cléopâtre, la beauté et la douceur
de Michelle Pfeiffer, l’élégance de Nicole Kidman, le charisme, la
détermination… J’ai envie d’être avec une femme de communication, de partage…
Tu
as un détail qui te fait craquer ? Un truc auquel tu ne peux pas résister ?
Si je les révèles, je vais devenir complètement vulnérable ! J’en ai
quelques-uns, mais en même temps, ce qui me plait le plus chez une femme, se
sont ses défauts.
Pas tous les défauts ? Les boutons ne te font quand même pas craquer ?
On peut s’amuser a les
péter (rires) ! Non, plutôt des particularités physique des maladresses.
Il
y a bien un truc précis ?
Mmmh … Les yeux !
La
couleur ? Non,
plutôt la profondeur… Les yeux exorbités (rires) !
Et
toi, tu as un truc infaillible pour les faire craquer ?
Non, pas trouvé encore ! La chanson aide beaucoup mais ce n’est pas infaillible…
Si
on veut tomber sur toi « par hasard », on va où ?
Je me cache le plus
possible, je me déplace tout le temps. Pour me trouver, il faut me suivre ! Et
aussitôt qu’on m’a trouvé, je disparais, je change de ville… Donc il faut aller
dans la même direction, ne jamais s’arrêter.
Mais à Montréal, où on peut te trouver ?
Avant, j’étais toujours au Lychee, mais comme mon restaurent a fermé, je me
cherche une autre place. Si vous avez des propositions…
Yes ! Vous
avez enfin mis la main sur Garou ! Pour apprivoiser la bête en douceur, apprenez
tout de suite par cœur cette liste de cinq choses qui le font fuir…
-
« Se forcer pour m’appeler Pierre »
-
« Commencer par « J’aime beaucoup ce que vous faites », qui me dérange
aussi. »
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« Prononcer d’autres phrases typiques, genre : « Je pensais pas vous trouver
ici », « Je suis surprise de vous voir en personne… »
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« Venir
directement me parler, sans capter mon attention du regard… J’aime beaucoup le
côté « femme mystérieuse ». Si on laisse tomber tout les mystères au départ,
ça me tente moins. J’aime la communication, mais par la suite, pas au début »
-
« Sortir un appareil photo (rires) ! »
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