Garou plaît toujours
Il a, de nouveau, fait le plein,
hier soir, au Zénith de Nancy. 5.000 spectateurs entièrement ralliés à sa cause
dès les premières mesures.
Après dix jours de relâche dans sa
lointaine province, il assure être heureux de retrouver la route et plus
particulièrement de recommencer à Nancy. La salle se pâme définitivement. Bien
avant son entrée sur scène, c'était déjà le délire côté parterre, un public à
majorité féminin et souvent jeune comme cette trentaine de collégiennes
allemandes, venues spécialement de Sarrebrück. Les retrouvailles sont
chaleureuses, quatre ans après ses fracassants débuts solo. Imposante
silhouette, le personnage n'a pas changé, complice comme jamais avec ses fans,
toujours souriant. Ils sont 5.000 à ses pieds, frappant des mains, reprenant un
couplet. Une banderole agitée au-dessus des gradins proclame « Garou, on t'aime
». Ailleurs, c'est un drapeau québécois que brandit un spectateur.
Le jeu de lumières capable de transformer les cintres en une constellation
d'étoiles, d'installer des ambiances avant de poser de puissants flashs blancs
sur la salle, a de quoi impressionner déjà. Sa combinaison avec des projections
sur des « toiles » transparentes ajoute encore à cette magie technologique. On
passe de figures inspirées par les audaces du courant psychédélique à des
paysages en surimpression. Pour « Gitan », un long cylindre luminescent et animé
restitue en la décuplant la danse envoûtante des flammes d'un feu de camp. Plus
tard, des lignes scintillantes qui se mêlent et se décroisent font penser aux
lignes tracées sur l'asphalte des autoroutes.
« Je n'attendais que vous »
Deux écrans installés de chaque côté de l'espace scénique permettent
de découvrir en gros plan les expressions sur le visage du chanteur. Il est
arrivé six cordes sur la hanche, d'abord dérobé aux regards par un mur mouvant
d'ombres chinoises. Autour de lui, l'équipage est somptueux : guitares, cuivres,
claviers, piano et rythmique. De quoi passer d'une séquence électrique brute au
rythm'n blues qui colle si bien à sa voix déchirée, et à des balades
romantiques.
Sans cesse en mouvement, Garou s'installe sur un tabouret pour chanter une
bluette tendre et ironique sur les femmes avant de prendre à témoin la partie
masculine des spectateurs. Les rires fusent comme les cris d'admiration. « Je
n'attendais que vous », chanson hommage à ceux, plus fidèles que jamais à les
voir ce jeudi, qui l'ont emporté vers les sommets, précède de peu ce « Belle »
qui lui a apporté la célébrité quand il « traînait » la défroque pesante de
Quasimodo sur la scène du palais des congrès à Paris. Pour cette interprétation,
violon et accordéon sont venus compléter la panoplie d'instruments. Entouré de
ses musiciens, Garou s'est assis sur la rampe, jambes pendantes dans le vide.
Alors, il revient sur ses débuts dans les bars, interrompu par un choeur
juvénile parti de la pénombre pour lui assurer qu'« il est vraiment phénoménal
».
L'humour ajoute encore à l'ambiance survoltée. Comme cet épisode où il raconte
sa jeunesse, se lance dans de vieilles « rengaines » populaires au parfum cajun.
Au-dessus de sa tête apparaissent des portraits renvoyant à différentes époques
de sa vie.
A son répertoire, viennent s'ajouter des reprises qui le voient pousser
jusqu'aux Beatles auxquels il emprunte le très relevé « Hey Jude ».
Dans le hall, le stand de merchandising attend la ruée de sortie. On y trouve,
outre différentes pièces de vêtements, une taie d'oreiller où il figure en
effigie.
Garou n'était pas venu seul. Pour lui ouvrir la route, il avait convié Nicolas
Gheti, venu présenter quelques chansons rock de son premier album intitulé « Le
décor ».
Jean-Paul GERMONVILLE |