Le vendredi 26 novembre 2004


Des retrouvailles chaleureuses, « particulièrement à Nancy ». Photos Dominique CHARTON
 

Garou plaît toujours

Il a, de nouveau, fait le plein, hier soir, au Zénith de Nancy. 5.000 spectateurs entièrement ralliés à sa cause dès les premières mesures.

Après dix jours de relâche dans sa lointaine province, il assure être heureux de retrouver la route et plus particulièrement de recommencer à Nancy. La salle se pâme définitivement. Bien avant son entrée sur scène, c'était déjà le délire côté parterre, un public à majorité féminin et souvent jeune comme cette trentaine de collégiennes allemandes, venues spécialement de Sarrebrück. Les retrouvailles sont chaleureuses, quatre ans après ses fracassants débuts solo. Imposante silhouette, le personnage n'a pas changé, complice comme jamais avec ses fans, toujours souriant. Ils sont 5.000 à ses pieds, frappant des mains, reprenant un couplet. Une banderole agitée au-dessus des gradins proclame « Garou, on t'aime ». Ailleurs, c'est un drapeau québécois que brandit un spectateur.

Le jeu de lumières capable de transformer les cintres en une constellation d'étoiles, d'installer des ambiances avant de poser de puissants flashs blancs sur la salle, a de quoi impressionner déjà. Sa combinaison avec des projections sur des « toiles » transparentes ajoute encore à cette magie technologique. On passe de figures inspirées par les audaces du courant psychédélique à des paysages en surimpression. Pour « Gitan », un long cylindre luminescent et animé restitue en la décuplant la danse envoûtante des flammes d'un feu de camp. Plus tard, des lignes scintillantes qui se mêlent et se décroisent font penser aux lignes tracées sur l'asphalte des autoroutes.


« Je n'attendais que vous »

Deux écrans installés de chaque côté de l'espace scénique permettent de découvrir en gros plan les expressions sur le visage du chanteur. Il est arrivé six cordes sur la hanche, d'abord dérobé aux regards par un mur mouvant d'ombres chinoises. Autour de lui, l'équipage est somptueux : guitares, cuivres, claviers, piano et rythmique. De quoi passer d'une séquence électrique brute au rythm'n blues qui colle si bien à sa voix déchirée, et à des balades romantiques.

Sans cesse en mouvement, Garou s'installe sur un tabouret pour chanter une bluette tendre et ironique sur les femmes avant de prendre à témoin la partie masculine des spectateurs. Les rires fusent comme les cris d'admiration. « Je n'attendais que vous », chanson hommage à ceux, plus fidèles que jamais à les voir ce jeudi, qui l'ont emporté vers les sommets, précède de peu ce « Belle » qui lui a apporté la célébrité quand il « traînait » la défroque pesante de Quasimodo sur la scène du palais des congrès à Paris. Pour cette interprétation, violon et accordéon sont venus compléter la panoplie d'instruments. Entouré de ses musiciens, Garou s'est assis sur la rampe, jambes pendantes dans le vide. Alors, il revient sur ses débuts dans les bars, interrompu par un choeur juvénile parti de la pénombre pour lui assurer qu'« il est vraiment phénoménal ».

L'humour ajoute encore à l'ambiance survoltée. Comme cet épisode où il raconte sa jeunesse, se lance dans de vieilles « rengaines » populaires au parfum cajun. Au-dessus de sa tête apparaissent des portraits renvoyant à différentes époques de sa vie.

A son répertoire, viennent s'ajouter des reprises qui le voient pousser jusqu'aux Beatles auxquels il emprunte le très relevé « Hey Jude ».

Dans le hall, le stand de merchandising attend la ruée de sortie. On y trouve, outre différentes pièces de vêtements, une taie d'oreiller où il figure en effigie.

Garou n'était pas venu seul. Pour lui ouvrir la route, il avait convié Nicolas Gheti, venu présenter quelques chansons rock de son premier album intitulé « Le décor ».

Jean-Paul GERMONVILLE