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« Je
suis un cœur d’artichaut… »
Tous les soirs, sur
scène, il se donne à son public. Sans s’économiser. Mais dans la vie, c’est un
peu plus compliqué. A 32 ans, celui auquel on prête mille et une amoureuses
avoue avoir du mal à s’engager. Et n’accepte de dire oui qu’à une seule
personne : sa fille !
Tout le
monde s’accorde à le dire : Garou est « hy-per-sym-pa » ! Le superlatif est
justifié. Avec un sourire grand comme ça, voilà un type qui n’élude aucune
question. Et vous dégaine des éclats de rire dont seuls les mômes ont le secret.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Garou… nous avons osé lui
demander !
Gala :
Être sur les routes, comme en ce moment, ça vous convient ?
Garou :
Un peu moins depuis que j’ai Emelie (sa fille, âgée de trois ans, ndlr),
mais je pense que j’étais vraiment né pour ça : me balader un peu partout. J’ai
mis du temps à le comprendre, sans doute parce que je viens d’une famille
sédentaire, qui vit toujours dans la même ville (Sherbrooke, au Québec, ndlr).
Qui ne bouge même pas tellement de la maison !
Gala :
Côté scène, vous dites avoir un ange gardien ?
Garou :
(Il prend un temps) J’avais une amie très proche qui s’appelait Isabelle et qui
malheureusement a été assassinée. Je l’ai connu quand j’avais dix-sept ans.
C’est elle qui m’a poussé à faire de la musique. Un samedi soir, dans un bar,
elle m’a encouragé à rejoindre, sur scène, un chanteur qu’elle connaissait.
J’étais tétanisé, mais très vite, le temps de quelques chansons, je me suis
senti comme chez moi. Le public a suivi et le mardi suivant, le patron me
proposait un contrat. A partir de là, tout s’est enclenché. Je crois aux
protections. Et même si ce n’est qu’une question de foi, même si ça n’existe que
dans ma tête, dans mon cœur, ça m’aide.
Gala :
Côté cour, toujours fêtard ?
Garou :
J’essaie de me calmer – maintenant je cherche davantage les restos où on peut
traîner et discuter tard – mais j’aime la nuit. Je ne sais pas très bien ce que
je vais y chercher… Je crois que j’aime voir les tabous tomber, voir ce que
cache un maquillage, un déguisement…
Gala :
Garou, lui, se déguise en quoi la nuit ?
Garou :
En prédateur (il se marre) ! En fait, j’aime terminer une soirée en ayant
l’impression que tout le monde va se lever avec un gros mal de tête, mais avec
le cœur plus léger. Plus fantasque.
Gala :
Votre talon d’Achille, ça reste les jolies filles ?
Garou :
Oui. Même à la soirée Pink (la fête de lancement de la chaîne de télé
homosexuelle, ndlr), je me suis remis en question, mais pas très
longtemps (il explose de rire) !
Gala :
La presse vous a fiancé à Natasha St Pier, et plus récemment à Isabelle Adjani.
Un commentaire ?
Garou :
Natasha, je peux comprendre parce qu’on est souvent ensemble. On est amis – et
seulement amis, contrairement à ce qu’on dit – depuis Notre Dame de Paris. Mais
Isabelle Adjani, c’est fascinant parce que je ne l’ai jamais rencontré ! Je ne
suis même pas passé près d’elle ! Je ne sais même pas de quoi elle a l’air !
Gala :
Seriez vous tendance cœur d’artichaut ?
Garou :
Dans le mille ! Mais attention, je ne suis pas un mec qui cherche à se faire des
trophées. Chaque fois, je suis sincère. Je cherche mon idéal…
Gala :
Normalement, ce sont plutôt les filles qui sont en quête du prince charmant !
Garou
: Il faut croire qu'il y a une femme en moi, que je respecte ! C'est vrai : j'ai
une part de féminité. Bien cachée. Comment vous dire ? Plus que la femme de ma
vie – j'aurais trouvé triste de n'en connaître qu'une seule –, celle que je
cherche, c'est, comme le disait Nougaro, celle de ma mort. Celle avec qui je
vais tout partager. J'ai l'exemple de mes parents qui sont ensemble depuis une
quarantaine d'années. Ils ont traversé des crises, des moments où ils auraient
pu lâcher, mais ils se sont battus et aujourd'hui ils sont superamoureux ! Tout
le chemin, ils l'ont fait côte à côte, et au soir de leur vie ils pourront se
dire :"Tu te souviens quand on avait vingt ou vingt-cinq ans ?" Je trouve ça
beau.
Gala
: N'êtes-vous pas un peu victime du syndrome Romain Gary : trop aimé par maman ?
Garou
: Peut-être. Ça expliquerait pourquoi j'ai besoin de rester aussi gamin. Ma mère
était très protectrice, c'est vrai. En même temps, j'ai traversé une très
violente crise d'adolescence. Sans doute pour casser ce cordon. Maintenant je
suis proche de ma famille, je reviens vers elle dès que j'ai un moment, mais il
y a eu une époque où j'ai eu besoin de me libérer drastiquement de cet
attachement maternel. Et peut-être qu'aujourd'hui, quand je sens vraiment
l'amour, je pars parce que j'ai peur. Peur de perdre ma liberté… Pour être
sincère, pour l'instant je ne suis vraiment pas prêt à me poser. J'ai envie de voyager? J'aurais plutôt besoin d'une aventurière, qui aime parcourir le monde !
Gala
: En fait, la seule capable de vous faire rester à la maison, c'est Emelie,
non ?
Garou
: Exact. Elle vit avec sa maman à Montréal. En ce moment, c'est un peu difficile
parce que la tournée me tient éloigné d'elle. Tous les jours, au téléphone quand
j'entends sa voix, j'ai le cœur à l'envers. J'étais là à sa naissance. J'étais
même tellement présent que le médecin à dû me pousser ! Et quand elle est
arrivée, j'ai halluciné : je n'avais jamais autant aimé de ma vie. Comment
est-il possible qu'instantanément on se sente prêt à donner sa vie pour
quelqu'un qu'on n’a jamais vu ? Avec qui on a zéro relation si ce n'est la main
sur le ventre pendant neuf mois ? On a beau te le raconter, quand ça t'arrive,
c'est…. Et c'est de plus en plus fort !
Propos
recueillis par Jeanne Bordes |