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Garou: chanter pour le monde
Michel Tassé
La Voix de l'Est
Granby
Garou ne s'en cache même pas: ce qu'il veut, c'est plaire au public, enfiler
les hits les uns après les autres. Avec la voix qu'il possède, il pourrait
faire dans le blues, dans le rock, il pourrait chanter des tas de trucs,
mais il préfère rester à l'intérieur des cadres d'une pop accessible à tous.
Et ce choix, il l'assume pleinement.
«Le public est bon avec moi et je veux être bon avec lui, lance-t-il à
l'autre bout du fil. Honnêtement, je te dirais même que je chante davantage
pour le monde que je chante pour moi. Faire du bien, je trouve ça
important...»
Et tant mieux si ça se vend bien, aurait-il pu ajouter. Car on ne doute pas
un instant qu'il va s'écouler des tonnes de copies de Garou, son troisième
album. Je suis le même, le premier extrait du cédé, est déjà un succès.
«C'est ma chanson préférée, reprend celui qui, dans une autre vie, se
faisait appeler Pierre Garand. C'est une pièce qui, j'en suis convaincu, va
réussir à sauver quelques couples qui vont mal. Les paroles sont magnifiques
et font réfléchir...»
Et bien qu'il s'entête à laisser la plume aux autres, Garon parlera de
textes plus matures, de thèmes qui collent davantage à sa personnalité.
«Je suis chanceux car on m'écrit des pièces extraordinaires. Cet album,
c'est un peu la continuité des deux premiers, mais il y a quelque chose de
plus naturel, de plus... profond. J'en suis très, très fier...»
Il en est peut-être particulièrement fier parce que, pour la première fois,
il a eu le temps de bien choisir les chansons et de peaufiner encore
davantage (si c'est possible de peaufiner davantage de la pop hyper léchée!)
le produit.
«On a pris notre temps et j'ai aimé ça. Les deux premières fois, il faut le
dire, on était rushés. C'était bon, c'était très bon mais, cette fois, c'est
encore meilleur!»
L'album a été enregistré un peu partout sur la planète et Garou a travaillé
avec des Québécois comme avec des Européens, des noms pour la plupart
prestigieux. Luc Plamondon lui a offert une autre chanson, intitulée
Trahison.
«Luc, c'est celui qui m'a appris le métier, c'est mon père spirituel. Il a
coulé de l'eau sous les ponts depuis que j'ai auditionné pour Notre-Dame de
Paris, mais nous sommes toujours restés proches...»
Le temps
Au cours de la quinzaine de minutes d'entrevue qu'il nous a accordée, Garou
a souvent fait référence au temps. Le temps qu'il a mis pour préparer et
enregistrer l'album, le temps qu'il a pris pour vivre avant de s'attaquer à
ce troisième cédé, le temps qui lui manque pour réaliser tous ses projets,
etc.
«De nos jours, tout est une affaire de temps, explique-t-il. Et c'est
pourquoi il en est beaucoup question sur l'album. Il y a le temps qui passe,
celui qui sépare, celui qui guérit. Le temps, c'est la vie...»
Philosophe, Garou? À ses heures. Mais le plus important, répétera-t-il,
c'est de plaire au public. À son public.
«J'ai hâte de retourner sur scène, de retrouver mon monde. Car c'est sur
scène que je me sens le mieux. C'est là que je vis, que je m'éclate, que je
trippe.»
Et cet album en anglais qui est attendu depuis déjà un bon moment? À l'été
2007, espère-t-il. Et le cinéma? Plus tard, il ne sait trop quand.
«Il y a tellement de choses à faire. Ma carrière va bien et je suis
reconnaissant. Même que je me considère chanceux. Oui, le public est bon
avec moi...», conclut-il. |