Le jeudi 29 juin 2006


Garou assume ses choix. Son objectif: plaire au public.
archives La Tribune
 

Garou: chanter pour le monde

Michel Tassé
La Voix de l'Est
Granby

Garou ne s'en cache même pas: ce qu'il veut, c'est plaire au public, enfiler les hits les uns après les autres. Avec la voix qu'il possède, il pourrait faire dans le blues, dans le rock, il pourrait chanter des tas de trucs, mais il préfère rester à l'intérieur des cadres d'une pop accessible à tous. Et ce choix, il l'assume pleinement.

«Le public est bon avec moi et je veux être bon avec lui, lance-t-il à l'autre bout du fil. Honnêtement, je te dirais même que je chante davantage pour le monde que je chante pour moi. Faire du bien, je trouve ça important...»

Et tant mieux si ça se vend bien, aurait-il pu ajouter. Car on ne doute pas un instant qu'il va s'écouler des tonnes de copies de Garou, son troisième album. Je suis le même, le premier extrait du cédé, est déjà un succès.

«C'est ma chanson préférée, reprend celui qui, dans une autre vie, se faisait appeler Pierre Garand. C'est une pièce qui, j'en suis convaincu, va réussir à sauver quelques couples qui vont mal. Les paroles sont magnifiques et font réfléchir...»

Et bien qu'il s'entête à laisser la plume aux autres, Garon parlera de textes plus matures, de thèmes qui collent davantage à sa personnalité.

«Je suis chanceux car on m'écrit des pièces extraordinaires. Cet album, c'est un peu la continuité des deux premiers, mais il y a quelque chose de plus naturel, de plus... profond. J'en suis très, très fier...»

Il en est peut-être particulièrement fier parce que, pour la première fois, il a eu le temps de bien choisir les chansons et de peaufiner encore davantage (si c'est possible de peaufiner davantage de la pop hyper léchée!) le produit.

«On a pris notre temps et j'ai aimé ça. Les deux premières fois, il faut le dire, on était rushés. C'était bon, c'était très bon mais, cette fois, c'est encore meilleur!»

L'album a été enregistré un peu partout sur la planète et Garou a travaillé avec des Québécois comme avec des Européens, des noms pour la plupart prestigieux. Luc Plamondon lui a offert une autre chanson, intitulée Trahison.

«Luc, c'est celui qui m'a appris le métier, c'est mon père spirituel. Il a coulé de l'eau sous les ponts depuis que j'ai auditionné pour Notre-Dame de Paris, mais nous sommes toujours restés proches...»

Le temps

Au cours de la quinzaine de minutes d'entrevue qu'il nous a accordée, Garou a souvent fait référence au temps. Le temps qu'il a mis pour préparer et enregistrer l'album, le temps qu'il a pris pour vivre avant de s'attaquer à ce troisième cédé, le temps qui lui manque pour réaliser tous ses projets, etc.

«De nos jours, tout est une affaire de temps, explique-t-il. Et c'est pourquoi il en est beaucoup question sur l'album. Il y a le temps qui passe, celui qui sépare, celui qui guérit. Le temps, c'est la vie...»

Philosophe, Garou? À ses heures. Mais le plus important, répétera-t-il, c'est de plaire au public. À son public.

«J'ai hâte de retourner sur scène, de retrouver mon monde. Car c'est sur scène que je me sens le mieux. C'est là que je vis, que je m'éclate, que je trippe.»

Et cet album en anglais qui est attendu depuis déjà un bon moment? À l'été 2007, espère-t-il. Et le cinéma? Plus tard, il ne sait trop quand.

«Il y a tellement de choses à faire. Ma carrière va bien et je suis reconnaissant. Même que je me considère chanceux. Oui, le public est bon avec moi...», conclut-il.