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À la scène
Garou a profité de l'été
Valérie Lessard
Pour une rare fois dans sa carrière, Garou a vraiment pris le temps de
déposer ses valises, cet été. Il s'est enraciné au Québec pour quelques
mois, histoire de profiter des divers festivals estivaux pour monter sur
scène aux quatre coins de la province et, surtout, de faire le plein
auprès de fille, Emelie.
"La tournée des festivals était déjà prévue, avant qu'on décide de lancer
le nouvel album éponyme, au printemps. J'avais envie de me promener,
d'aller voir les gens et de tripper avec eux, en plein air. Je n'étais pas
supposé être là pour faire la promo d'un nouveau disque, alors je joue
quelques nouvelles pièces, c'est sûr, mais beaucoup d'anciennes aussi",
précise celui qui sera sur la scène principale du Festival de
montgolfières, ce soir.
Pour le chanteur, le temps des "vacances" tire toutefois à sa fin.
"Gatineau, c'est mon dernier spectacle de l'été, alors ça va être tout un
party !" promet d'ailleurs la bête de scène qu'il est, lui qui s'apprête à
retraverser l'Atlantique pour promouvoir son Garou en France, avant
d'aller offrir, en octobre, quelques prestations dans les Antilles
françaises, avec des escales prévues en Martinique, en Guyane et en
Guadeloupe. "La vie est dure ! convient le principal intéressé en
rigolant. On va en profiter pour souder encore plus les liens de l'équipe
!"
Car Garou ne le cache pas : s'il fait de la musique, c'est pour réunir non
seulement ce qui est devenu sa "famille de tournée" autour de lui (à
laquelle se greffera Jacques Veneruso, cet automne), mais aussi trois
générations de "fans" dans les foules. "Déjà, à 19 ans, quand je chantais
dans les bars, c'était ma mission. J'ai toujours perçu le métier comme un
moyen de rassembler le monde, fait-il valoir. Et c'est pour ça que je n'ai
pas honte de faire de la pop. Parce que je n'ai pas de mérite à chanter
des reprises de Sex Machine, de James Brown, ou You Can Leave Your Hat On,
de Joe Cocker."
S'il reprend ces titres sur scène (le pièce de Cocker est devenu, au fil
du temps, un incontournable dans ses spectacles) pas question pour lui de
les graver sur un album pour autant. "Un disque, pour moi, c'est
l'occasion de me faire plus personnel, de passer des messages. Juste à
l'écoute, que tu le fasses dans ton salon, ton auto ou ailleurs, un cédé
n'a plus rien de rassembleur, mais relève de l'acte plus intime, d'une
volonté de te brancher sur un artiste et les émotions qu'il livre."
Garou choisit évidemment des textes et des musiques qu'il peut par la
suite rocker sur scène. Il sélectionne par coups de coeur, car, "pour
avoir déjà commandé des chansons, je me suis vite rendu compte que ça ne
fonctionne pas tout le temps", raconte celui qui, pour pallier à la chose,
préfère s'entourer d'amis qui le connaissent bien. Ce n'est pas pour rien,
dit-il, que Jean-Jacques Goldman a pu lui pondre Viens me chercher, dans
lequel Garou ne craint pas de chanter "Passe mes yeux bien trop bleus pour
être honnêtes/[...]/Reste sourde aux bruits de guerre et de conquêtes/Tout
ça n'est pas moi ".
"Ces gens-là, que ce soit Jean-Jacques, Luc Plamondon, Jacques Veneruso ou
encore Pascal Obispo, me connaissent par coeur. Je n'aurais pas mieux
écrit ces paroles qui me collent à la voix. Et de toute façon, je suis
trop occupé pour écrire ! Moi, je vis les aventures et les autres les
écrivent !" s'exclame Garou.
"Je suis un excessif équilibré, renchérit en riant celui qui se qualifie
d'accro au travail. Je le suis autant dans ma carrière que dans le party
ou l'amour que j'éprouve pour ma fille."
Les tournées d'Emelie
Garou n'est d'ailleurs pas le seul à effectuer des tournées. Comme à
chaque été, sa fille Emelie, âgée de cinq ans, a fait son petit tour en
Suède, pour revoir sa famille maternelle, entre autres. "Cette année, je
l'ai suivie là-bas pendant quelque temps et j'ai même emmené mes parents,
qui n'étaient jamais allés en Suède, pour qu'ils visitent le pays un peu",
raconte le fier papa.
Et si la cloche signalant la fin des vacances vient de sonner pour lui,
elle a aussi sonné pour Emelie : Garou a dû accompagner sa fille à sa
toute première rentrée... scolaire, cette semaine. "J'imagine déjà tous
les petits garçons qui vont commencer à lui tourner autour... Je n'aime
pas ça ! lance-t-il, mi-figue, mi-raisin. Elle grandit tellement vite et
comme j'en manque des bouts, ça me paraît pire, parfois."
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