Lundi 26 juillet 2004

Un Spa pétillant pour Garou

Vendredi soir, Marka et sa fête aux femmes avaient enflammé la scène Pierre Rapsat qu'Urban Trad avait précédemment conquise. Samedi, Garou en a remis une couche pour ses premières francos spadoises. Frénésie.

"J'attends du public qu'il soit tout simplement Belge. C'est le plus chaud que je connaisse. Il a la pêche de l'énergie à revendre, il est sensationnel". Et Garou n'a pas été déçu par l'accueil des Spadois. A l'image de ce que les Francofous peuvent rendre à des artistes qui les transportent au paradis de la Franco… folie.

Le Québécois s'est fendu d'un show qui restera inscrit dans les grands moments de ce festival. D'une simplicité déconcertante, aux antipodes du statut de star conféré par son rôle de Quasimodo dans "Notre-Dame de Paris", le chanteur de Sherbrooke a conquis le cœur des Spadois. Une bise à une gamine au terme de la conférence de presse, une photo avec une autochtone après un duplex TV et même un passage par la salle de jeu du casino où il s'adonna au Black Jack. Et ce en toute simplicité.

"Vous savez, lorsqu'on me croise en Québec, c'est un peu comme si on saluait le boucher du coin. Mais en Europe, je suis bien obligé de porter la casquette pour passer incognito. Je commence à attraper le truc même si mes oreilles me trahissent parfois (rires)". C'est pour cela qu'on l'aime car il ne se prend pas la tête. D'ailleurs, il le dit lui-même. "Je ne me sens pas un produit".

"Mon album me ressemble"

Alors, quand il est avec sa "ribambelle", autrement dit son entourage proche qui l'accompagne partout, il se sent en sécurité et il peut ainsi plus facilement s'exprimer sur scène.

"Mon deuxième album Reviens est authentique car il me ressemble. Il est plus organique et conçu pour la scène. Il est rock, roots et boots. il me rapproche de l'ambiance bar de mes débuts lorsque j'ai commencé à chanter à l'âge de 19 ans. Je n'ai pas l'intention de réinventer la musique mais lorsque je suis en studio, j'essaye de m'imaginer le public". Et à n'en point douter, Garou a fait mouche place de l'hôtel de ville. Un véritable show d'une heure quarante tout en doucheur et en rock. Un subtil mélange des genres qui nous a baladé tout au long de ce nouvel album sans oublier les incontournables comme "Belle", "Je n'attendais que vous" ou encore "Gitan" et quelques reprises de derrière les fagots dont un medley R & B final totalement détonnant.

Un spectacle comme on les aime avec de la frénésie, du rythme, de la chaleur. Bref, un artiste généreux qui n'a pas hésité à mouiller le maillot comme on dirait en football pour donner du plaisir à une foule d'inconditionnels et de novices. "C'est justement ce qui est formidable avec ce genre de festival, c'est que ce n'est pas obligatoirement son public et le fait de se réapproprier des spectateurs qui ne sont pas venues pour vous est justement très intéressant".

Vers le spectateur

Et il y est parvenu, le bougre car les bars en folie s'étaient déplacés du côté de la scène Pierre Rapsat. Les groupies étaient évidemment aux anges. Mais cela chantait et dansait dans tous les coins. Garou avait insufflé cette énergie trépidante et débordante à un public qui ne demandait qu'à s'enflammer. A un point tel que seuls les premiers mots d'une chanson suffirent aux fans pour faire les chœurs. Et non, Bruel n'était pas en guest-star.

Ses sourires, ses yeux bleus pétillants, autant de signes qui ne trompaient pas. Garou était heureux d'être là et il communiqua ce bien-être à sa façon en se déplaçant vers un endroit réservé aux personnes à mobilité réduite. Il y entonna d'ailleurs avec une gamine le duo "Sous le vent" chanté avec Céline Dion. Un duo virtuel qui permit à l'artiste de retrouver la scène tout en serrant les mains.

Ce ne fut pas la seule frasque du Québécois qui s'empara d'une caméra et s'en alla filmer ses fans en transe. Et de quitter ces derniers en leur glissant un chaleureux "Vous êtes les meilleurs". Mais lui n'a pas été mal non plus …

Jérôme Jacot