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Un Spa pétillant pour Garou
Vendredi soir, Marka et sa fête aux femmes avaient enflammé la scène
Pierre Rapsat qu'Urban Trad avait précédemment conquise. Samedi, Garou
en a remis une couche pour ses premières francos spadoises. Frénésie.
"J'attends du public qu'il soit tout simplement Belge. C'est le plus
chaud que je connaisse. Il a la pêche de l'énergie à revendre, il est
sensationnel". Et Garou n'a pas été déçu par l'accueil des Spadois. A
l'image de ce que les Francofous peuvent rendre à des artistes qui les
transportent au paradis de la Franco… folie.
Le Québécois s'est fendu d'un show qui restera inscrit dans les grands
moments de ce festival. D'une simplicité déconcertante, aux antipodes
du statut de star conféré par son rôle de Quasimodo dans "Notre-Dame
de Paris", le chanteur de Sherbrooke a conquis le cœur des Spadois.
Une bise à une gamine au terme de la conférence de presse, une photo
avec une autochtone après un duplex TV et même un passage par la salle
de jeu du casino où il s'adonna au Black Jack. Et ce en toute
simplicité.
"Vous savez, lorsqu'on me croise en Québec, c'est un peu comme si on
saluait le boucher du coin. Mais en Europe, je suis bien obligé de
porter la casquette pour passer incognito. Je commence à attraper le
truc même si mes oreilles me trahissent parfois (rires)". C'est pour
cela qu'on l'aime car il ne se prend pas la tête. D'ailleurs, il le
dit lui-même. "Je ne me sens pas un produit".
"Mon album me ressemble"
Alors, quand il est avec sa "ribambelle", autrement dit son entourage
proche qui l'accompagne partout, il se sent en sécurité et il peut
ainsi plus facilement s'exprimer sur scène.
"Mon deuxième album Reviens est authentique car il me ressemble. Il
est plus organique et conçu pour la scène. Il est rock, roots et
boots. il me rapproche de l'ambiance bar de mes débuts lorsque j'ai
commencé à chanter à l'âge de 19 ans. Je n'ai pas l'intention de
réinventer la musique mais lorsque je suis en studio, j'essaye de
m'imaginer le public". Et à n'en point douter, Garou a fait mouche
place de l'hôtel de ville. Un véritable show d'une heure quarante tout
en doucheur et en rock. Un subtil mélange des genres qui nous a baladé
tout au long de ce nouvel album sans oublier les incontournables comme
"Belle", "Je n'attendais que vous" ou encore "Gitan" et quelques
reprises de derrière les fagots dont un medley R & B final totalement
détonnant.
Un spectacle comme on les aime avec de la frénésie, du rythme, de la
chaleur. Bref, un artiste généreux qui n'a pas hésité à mouiller le
maillot comme on dirait en football pour donner du plaisir à une foule
d'inconditionnels et de novices. "C'est justement ce qui est
formidable avec ce genre de festival, c'est que ce n'est pas
obligatoirement son public et le fait de se réapproprier des
spectateurs qui ne sont pas venues pour vous est justement très
intéressant".
Vers le spectateur
Et il y est parvenu, le bougre car les bars en folie s'étaient
déplacés du côté de la scène Pierre Rapsat. Les groupies étaient
évidemment aux anges. Mais cela chantait et dansait dans tous les
coins. Garou avait insufflé cette énergie trépidante et débordante à
un public qui ne demandait qu'à s'enflammer. A un point tel que seuls
les premiers mots d'une chanson suffirent aux fans pour faire les
chœurs. Et non, Bruel n'était pas en guest-star.
Ses sourires, ses yeux bleus pétillants, autant de signes qui ne
trompaient pas. Garou était heureux d'être là et il communiqua ce
bien-être à sa façon en se déplaçant vers un endroit réservé aux
personnes à mobilité réduite. Il y entonna d'ailleurs avec une gamine
le duo "Sous le vent" chanté avec Céline Dion. Un duo virtuel qui
permit à l'artiste de retrouver la scène tout en serrant les mains.
Ce ne fut pas la seule frasque du Québécois qui s'empara d'une caméra
et s'en alla filmer ses fans en transe. Et de quitter ces derniers en
leur glissant un chaleureux "Vous êtes les meilleurs". Mais lui n'a
pas été mal non plus …
Jérôme Jacot |