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Les triomphes, l’argent et la gloire, oui, mais…
Garou : « Je m’ennuie de ma fille, Émelie! »
Garou reviens
Confidences
exclusives de la star internationale, qui s’ennuie de sa petite Émelie
Après une petite
tournée au Québec, Garou vient d’entreprendre une grande tournée international,
qui devrait le conduire en Russie, en Pologne, au Liban, à Monaco, en France, en
Suisse, en Belgique… Avant de partir, il nous a parlé de son amour pour son
métier et de sa tendresse pour sa fille, Émelie, qui fêtera ses trois ans cet
été. Nous avons rencontré une père préoccupé, un chanteur adulé et, surtout, un
homme heureux de son destin.
« Ma fille,
Émelie, et moi, on a une grande complicité; même au téléphone, on rigole comme
des fous. Elle parle déjà bien le français et le suédois, qui est la langue de
sa maman. »
« Mes décisions
importantes, je les prends en tenant compte d’Émelie. Quand je fais quelque
chose, je pense toujours aux répercussions que cela peut avoir sur elle. »
« Certains médias
sont obligés de m’inventer des histoires et des aventures. Les deux dernières
indiquaient que j’étais amoureux de Natasha St-Pier et que j’avais une maison en
Suisse. C’est, bien entendu, complètement faux. »
Garou, vous êtes actuellement en tournée mondiale. Qu’est-ce qui vous plaît dans
cette vie de bohème?
La découverte de nouveaux lieux et de nouvelles cultures m’intéresse beaucoup.
J’ai la chance d’aller chanter en Russie et en Pologne… Ce sont des endroits que
je ne connais pas et où je ne suis jamais allé. J’aime beaucoup découvrir de
nouvelles villes, même si c’est toujours un peu rapide. En tournée, on ne voit
bien souvent qu’une salle de spectacle et une chambre d’hôtel mais, cette
fois-ci, on ca se garder des moments libres pour visiter un peu.
Quelle est la chose la plus pesante durant une tournée?
Personnellement, je suis plutôt à l’aise dans cette vie. J’aime voyager, me
promener, rencontrer des gens nouveaux… Je dirais que la seule chose difficile
en tournée, c’est l’absence de ma fille, Émelie. C’est évident que je ne peux
pas l’emmener avec moi; ce N,est pas une vie pour un enfant. Lorsque je pars
longtemps, je ne vois pas ma fille, et elle me manque terriblement. Je m’ennuie
d’elle. Trois semaines sans la voir, c‘est long. On a une grande complicité;
même au téléphone, on rigole comme des fous. Elle parle déjà bien le français et
le suédois, qui est la langue de sa maman.
Comment allez-vous faire durant l’été, lorsque vous serez en Europe?
Ça risque d’être plus facile. Pendant que je serai en Europe, Émelie sera en
Suède. Elle a quand même la moitié de ses racines dans ce pays. On va peut-être
s’arranger pour qu’elle m’accompagne durant des parties de tournée, lorsqu’il y
aura des journées off.
Vous a-t-elle déjà vu en concert?
Jamais. Lors
de la dernière tournée au Québec, lorsqu’on a joué au Centre Bell, j’ai envisagé
de la faire venir. On l’aurait installée dans une loge, assez loin de la scène.
Finalement, je me suis dit que ça ne pressait pas. Elle m’a déjà vu chanter en
répétition. Je trouve le fun qu’elle ne me voie pas encore dans le contexte
particulier où du monde applaudit papa… (rires)
Elle a
seulement deux ans et demi; elle a le temps de découvrir tout ça.
Votre enfant a-t-elle changé votre existence?
Depuis sa
naissance, toute ma vie est « connectée » à ma fille. Quand je fais un geste,
j’ai l’impression qu’elle me regarde, même si je suis loin d’elle. Mes décisions
importantes, je les prends en tenant compte d’Émelie. Quand je fais quelque
chose, je pense toujours aux répercussions que cela peut avoir sur elle. C’est
vraiment une autre façon de voir la vie.
Quand vous pensez à l’avenir, avez-vous peur pour votre fille?
Évidemment.
Par exemple, je crois que l’on ne se sert pas forcément bien de tout ce que le
monde virtuel peut nous apporter. Émelie n’a pas trois ans, elle ne se sert donc
pas encore d’un ordinateur, mais elle est déjà accro à la télé. En même temps,
quand je vois toutes les émissions de téléréalité, je trouve qu’il y a dans
notre société un côté voyeur et malsain qui me fait peur. Si ce qui divertit les
gens aujourd’hui, c’est de regarder d’autres personnes vivre une existence
ordinaire, plutôt que de vivre intensément la leur, c’est effrayant.
Les
publics que vous rencontrez, que ce soit en Europe de l’est, au Québec ou en
France, sont-ils différents les uns des autres?
La
communication n’est pas forcément facile entre des gens de cultures différentes.
Quand tu arrives dans un pays que tu ne connais pas, tu analyses ce qui se
passe. Sur scène, c’est pareil. La première fois que je fais un concert dans un
nouveau pays, je ne « performe » même pas pendant les premières chansons. Je
regarde comment les gens réagissent. Chaque peuple a ses particularités et
réagit à sa façon.
Durant vos concerts, beaucoup de jeunes enfants vont vous embrasser ou vous
offrir des cadeaux. Comment expliquez-vous cet engouement?
En effet,
c’est spécial… Je me souviens même d’un show où une petite fille est venue me
donner des fleurs alors que j’interprétais
You can leave your hat on,
une pièce plutôt sensuelle et sexy… C’était très drôle. Je pense que les enfants
peuvent se reconnaître dans quelques chansons, justement parce que mon dernier
album n’est pas « linéaire ». En concert, ils découvrent aussi autre chose. Moi,
quand j’étais petit et que j’écoutais
Like a Virgin,
de Madonna, je ne savais pas ce que voulait dire
virgin…
C’est pareil pour eux. En même temps, tu ne peux pas rêver mieux que d’avoir un
public de tous les âges. C’est une chance inouïe que l’avoir, en même temps, de
petits enfants et de vieilles madames qui applaudissent et dans leurs yeux
desquels on voit l’émerveillement.
Dans quel style de musique vous sentez-vous le plus à l’aise?
Je ne suis pas un gars qui essaie de créer une mode ou qui adopte nue style
musical particulier. Je construis un album en pensant d’abord au spectacle qui
va suivre. J’essaie de trouver les chansons qui vont coller le mieux au show. Le
plus important est d’avoir des moments où l’émotion se transforme et se transmet
au public. Je me plais autant à chanter des ballades que des chansons rock.
Ironiquement, la musique que je préfère, c’est le swing. Je m’en ennuie. Lorsque
je travaillais dans les bars, j’avais un petit
band
swing avec lequel je jouais durant les
happy hours.
J’aimais beaucoup faire des reprises de Sinatra, par exemple; c’était vraiment
plaisant! Il n’est pas dit que je ne ferai pas un album de swing un jour, ça
reste dans mes projets.
« Après l’accident, lorsque je me suis réveillé ;a l’intérieur de la voiture, je
me suis tout de suite senti en paix. J'ai pensé que j'allais mourir. Je me
sentais en paix avant de partir. »
Pourquoi n’avez-vous signé aucune chanson de votre dernier album?
Quand j’étais plus jeune, j’écrivais plus que je ne chantais. Puis j’ai arrêté
d’un seul coup, et ce n’est jamais revenu. L’explication, c’est que je suis très
excité de travailler avec d’autres personnes. Être le premier à entendre une
chanson que je vais interpréter me permet finalement de mieux comprendre le
public. Et cela me met dans un état d’émerveillement. Je trouve que c’est
beaucoup plus excitant que de m’asseoir devant ma petite feuille et de me mettre
à écrire… De toute façon, j’apporte toujours mes idées et je discute souvent des
textes avec les auteurs. Par exemple, je voulais faire un trio amoureux sur
l’album. J’en ai parlé à Érick Benzi, et il est arrivé avec la chanson Le
sucre et le sel, que j’ai enregistrée avec Annie et Suzie (Villeneuve).
Il y a des choses à l’intérieur que je n’aurais pas pu écrire ou auxquelles je
n’aurais pas pensé.
Vous avez sorti, en France, un duo inédit avec Michel Sardou,
La rivière de notre enfance,
qui parle de la mort d’un être cher. Est-ce que cette pièce vous touche
personnellement?
Elle est très
symbolique. Il m’est souvent arrivé de penser à mes grands-parents en
interprétant cette chanson, mais c’est surtout une espèce d’image du temps qui
passe et de nos origines. Au départ, cette chanson a été écrite pour moi par
Didier Barbelivien. Mais, depuis quelques temps, je pensais faire un duo avec
Michel Sardou. Pour moi, il représente la voix francophone la plus importante.
J’ai toujours adoré Michel Sardou. Je lui ai donc proposé de le faire et, même
s’il n’avait jamais réellement enregistré de duo, il a accepté.
Est-ce le fait d’avoir eu un grave accident, il y a quelques années, vous a
permis d’extérioriser votre peur de la mort?
Après l’accident, lorsque je me suis
réveillé ;a l’intérieur de la voiture, je me suis tout de suite senti en paix.
J'ai pensé que j'allais mourir. Je me sentais en paix avant de partir.
Aujourd’hui, je n’ai pas besoin d’exorciser la peur de la mort, car je n’ai pas
eu si peur que ça. Dernièrement, je revenais de l’aéroport avec ma fille, et il
y a eu un accident assez sérieux sur l’autoroute, juste devant nous. Ça fait
réfléchir. Mais c’est surtout pour mon enfant que j’ai peur. En fait, j’ai
beaucoup plus peur de la mort d’un être cher que de la mienne.
Vous êtes devenu un star international en moins de trois ans. Est-ce que le
succès est difficile à gérer?
Je n’en attendais pas autant. D’ailleurs, je crois que, si demain, tout
s’arrête, je ne serai pas malheureux. J’essaie d’avoir al vie la plus belle,
mais aussi la plus simple possible. Le plus important est de garder les pieds
sur terre. J’ai beaucoup d’amis qui travaillent autour de moi. Par exemple, mon
bodyguard est un ami d’enfance. En revanche, j’ai du mal à comprendre que
certaines personnes et certains médias se mêlent de ma vie privée.
Justement, parvenez-vous à vous protéger des paparazzis?
J’y arrive plutôt bien.
Je fais très attention à ma vie privée. En même temps, il y a un bon respect
mutuel qui s’est installé entre les photographes et moi. On dirait que je me
protège tellement que certains médias sont obligés de m’inventer des histoires
et des aventures. Les deux dernières indiquaient que j’étais amoureux de Natasha
St-Pier et que j’avais une maison en Suisse. C’est, bien entendu, complètement
faux. Peut-être que je me protège trop, finalement!
Qu’est-ce qui vous motive encore aujourd’hui à faire ce métier?
Le public. C’est lui qui
m’a donné envie d’être chanteur. Je n’ai pas un besoin vital d’exercer ce
métier; je le fais pour faire plaisir au public. Quand je donne un spectacle ou
que je rencontre des enfants malades, j’ai l’impression de faire du bien aux
gens.
On a beaucoup entendu parler de votre projet d’album en anglais. L’avez-vous
définitivement enterré ou est-il encore bien vivant?
Il est encore bien
d’actualité. Il y a différentes façons de faire : soit on termine l’album et on
le lance comme ça, soit on continue à prendre notre temps et on construit
patiemment une équipe autour du disque. On a choisi la seconde option.
Dernièrement, j’étais avec René Angélil à Las Vegas pour parler de la stratégie
que nous allons adopter autour de ce projet. Pour l’instant, on est pris par la
tournée jusqu’à la fin de décembre 2004. On fait donc des plans pour sortir
l’album en anglais en 2005.
PAR SAMUEL PRADIER
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