Fribourgeois ce soir au Forum, où il jouera à guichets fermés
Rarement chanteur francophone n’aura généré autant de ferveur de la part du public!
Un auditoire aussi large qu’hétéroclite puisqu’on y croise autant d’enfants que de midinettes amoureuses ou de grands-mamans. Avec son authenticité et son indéniable présence scénique, Garou galvanise les foules. Pas étonnant donc que son premier album solo, intitulé « Seul », se soit écoulé à plus de 2 millions d’exemplaires. Rencontre avec un chanteur qui refuse le statut de star.
Comment vous sentez-vous après votre performance d’hier soir?
C’était encore plus chaud que la dernière fois, et ça fait vraiment plaisir! En temps normal le public suisse est plus discipliné que le français, mais à Genève c’était le délire total!
Vous déclenchez l’hystérie à chacun de vos passages…
C’est pas de ma faute! En fait, j’ai appris à connaître ce métier par le biais de « Notre-Dame ». Et lorsque j’ai sorti mon premier album, je ne m’attendais pas du tout à un tel succès. Je n’en avais pas d’attente particulière, j’en étais juste fier. Mais je n’ai pas de recette miracle, la seule chose est que je respecte mon public.
Sur scène, vous jouez avec vos amis de toujours, le fait de travailler presque en famille vous aide-t-il à donner le meilleur de vous-même?
C’est une complicité de tous les instants avec mes musiciens. Je n’ai pas besoin de les regarder ni de les écouter, je les sens.
Plus de 77 concerts en début d’année, un nouvel album à préparer, où puisez-vous votre énergie?
Quand les choses vont bien, ça aide! J’aime me livrer, me consacrer entièrement à cela. Mais, dans cette histoire, c’est surtout ma famille qui en écope. Même si ma femme et ma fille comprennent tout à fait la situation, j’aimerais plus souvent être avec elles.
Est-ce que votre famille vous accompagne en tournée?
Non, elles ne tournent pas avec moi. Mais je m’arrange pour qu’elles soient dans un rayon de 500 kilomètres pour leur rendre visite. En famille, je me sens pas du tout star ni chanteur. Avec ma femme, Ulrika, on ne fait pas trop de soirées mondaines, et nous avons une vie de famille tout à fait normale.
Comment perçoit-elle votre statut de star?
Au début, elle ne s’en rendait pas vraiment compte, car on s’est
rencontrés à Londres, où personne ne me connaissait. Mais, au retour
de Paris, lorsqu’on a marché sur les Champs-Élysées, là elle s’est
vraiment aperçue du phénomène. Mais, en tant que mannequin, elle est
habituée au projecteurs et comprend tout à fait ma position.
Que pouvez-nous nous dire sur votre prochain album en anglais qui connaîtra
une sortie mondiale en automne prochain?
On y réfléchira plus concrètement après la tournée qui se termine à la fin de mai.
Allez-vous composer des textes ou des musiques pour cet album?
Non, et comme je dis souvent : « Écrire mes chansons, c’est rester dans mes pantoufles à la maison, alors que chanter celles des autres, c’est voyager dans un autre univers et découvrir davantage de choses. »
Vous avec été triplement récompensé aux NRJ Awards, quel effet ça vous fait?
À vrai dire, ça me gêne un peu. Le concept de l’Award ne m’intéresse pas, la musique n’est pas un concours. Et s’il avait vraiment fallu être récompensé, j’aurais préféré que mon équipe puisse en bénéficier.
Combien de litres de scotch ingurgités et de Gitanes fumées pour avoir une voix pareille?
Ma voix s’est transformée à 19 ans. C’est peut-être en voulant la forcer en chantant du rhythm’n’blues et à force d’alcool et de cigarettes qu’elle est ce qu’elle est aujourd’hui. Mais, cette année, ça va être santé comme jamais! Je vais me mettre à fond dans le sport.
« Vous allez me convaincre d’habiter ici », avez-vous lancé au public hier soir, la décision d’emménager en Suisse est-elle prise?
Non, en fait, j’en ai parlé dans une interview, et depuis ça a fait le tour du Québec! Mais il est vrai que j’aimerais bien visiter des endroits. À chaque fois que je viens en Suisse, je me sens bien. Dès que l’on passe la frontière avec la France, j’ai un peu la sensation d’être chez moi.
En référence à la chanson de Goldman que vous interprétez sur scène, êtes-vous allé au bout de vos rêves?
Au-delà de mes rêves!
Karine Vouillamoz