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Le vendredi 2 mai 2008 |
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Au Québec, dans l'intimité de Garou
Emmanuel Marolle
Avant la sortie de son quatrième album, le premier tout en anglais, le
chanteur nous a reçus chez lui, au Québec, pour nous faire découvrir les
différents lieux où il vit et où il travaille. A cette occasion, il a accepté
d'évoquer sa relation avec Lorie.
IL L'APPELLE « la maison Notre-Dame ». Pourtant, c'est une drôle de cathédrale
que s'est offerte Garou. Une construction carrée mais déstructurée, sorte de
blockhaus à l'abri des regards indiscrets.
Il ne veut pas de photos : trop identifiable. Nous sommes à quelques kilomètres
de Sherbrooke, sa ville natale, 100 000 habitants environ, à une bonne heure de
route de Montréal. C'est là, au bord d'un lac, que le chanteur a élu domicile
depuis près de dix ans. « Je me suis acheté cette maison grâce à Notre- Dame
(NDLR : la comédie musicale). Elle est faite pour moi, un peu disjonctée. »
En s'y installant, l'artiste a eu la folie des grandeurs, ajoutant une aile
supplémentaire. « Je suis un gros maniaque. Alors, j'ai demandé aux architectes
de construire un studio sans murs parallèles, afin d'éviter que le son ne
rebondisse. Et les parois de chaque pièce sont séparées par de la feutrine pour
ne pas transmettre de vibrations. » Ça lui a coûté une fortune. Peu importe.
Garou, en chaussettes, jubile comme un gosse en travaillant avec ses quatre
musiciens les versions live de son album en anglais « Piece of My Soul », à
paraître le 19 mai. Un disque réalisé en partie à la maison entre deux
promenades en canoë sur le lac voisin.
« C'est un domaine écologique. Il m'arrive de boire l'eau du lac. C'est ma
source à tout point de vue. » Pas question d'essayer aujourd'hui, sous un vent
glacial et une pluie automnale. L'hiver a été rude, le printemps tarde à
s'installer, l'étendue d'eau vient tout juste de dégeler. Papa et maman Garand
sont venus saluer l'équipe, avant de s'éclipser. Le grand gaillard ne coupe le
cordon ni avec la famille, ni avec Sherbrooke. Il embarque même ses visiteurs
dans son 4 x 4 pour un pèlerinage improvisé.
« Plein de choses me reviennent »
En chemin, Garou ralentit devant une église. « A 11 ans, j'y ai chanté ma
première chanson à la guitare, un titre de Presley, pour la fête de l'école. » A
Sherbrooke, il passe devant le « fumoir du séminaire » : traduisez le local
fumeurs du collège de garçons. « Des types m'ont branché ici, en me disant : Il
paraît que tu joues de la guitare. On cherche quelqu'un . » Le groupe se baptise
Windows and Doors en apercevant le camion d'une entreprise de portes et
fenêtres, et s'attaque au répertoire des Beatles. « Moi, j'étais McCartney,
j'avais mon moment solo sur Let It Be » ». L'artiste est né grâce au leader de
cette première formation. « Un jour, au lieu de dire Garand (NDLR : son nom pour
l'état civil), il m'a appelé Garou, sans le vouloir. C'est resté. »
Quelques mètres plus loin, il montre la vitrine d'un bar, l'Otre Zone. Il y a
quinze ans, l'endroit s'appelait le Liquor Store et a accueilli chaque semaine
les « dimanches à Garou », concert hebdomadaire de reprises de Led Zeppelin ou
des Sex Pistols. « Plein de choses me reviennent, explique-t-il en redécouvrant
les lieux. Je me revois négocier avec le patron un pourcentage sur le bar parce
que je ne gagnais pas assez. Du coup, je saoulais tout le monde en disant : Je
ne rechanterai pas tant que chacun n'aura pas un verre. » Il évoque des soirées
dont il ne se souvenait pas le lendemain, une insouciance d'adolescent dans une
ville à taille humaine, « où l'on se sentait protégé ». « Je m'amusais en me
disant : à 25 ans, tu trouveras un vrai métier. »
A 25 ans, Luc Plamondon lui propose « Notre-Dame de Paris ». « On a souvent dit
qu'il m'avait découvert par hasard dans un bar. C'est faux. J'avais passé une
audition pour un nouveau Starmania . Je m'en foutais. Je voulais juste le
rencontrer. Quand il a préparé Notre-Dame , il a repensé à moi et m'a pisté dans
les bars où je jouais pour me retrouver. » On connaît la suite...
Héros de la ville de Sherbrooke, Garou figure en bonne place sur une fresque
murale réunissant les personnalités locales. Il pose devant, avant d'aller se
replonger dans ses répétitions à la maison. Parmi les surprises de ses prochains
concerts, le musicien, qui a repris la guitare après vingt ans d'abstinence,
planche sur une version inédite de « Belle », fondue dans le « Come Together »
des Beatles. Cocktail inattendu, mais résumé idéal du personnage qui, entre les
excès rock et son image variétés, n'a pas oublié d'où il vient.
Garou « Piece of My Soul », Disques Columbia. Sortie le 19 mai. En concert le
20 mai à Paris à la Cigale. Places : 39 €. Tél. 01.49.25.89.99. Et le 19 à
Lille, le 21 à Strasbourg, le 24 à Lyon, le 29 à Toulouse. |
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