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A Montréal, Garou est aussi
homme d'affaires
Montréal
(Canada)
A MONTRÉAL,
Garou est
un peu chez lui aussi. Un rêve de gosse qui voulait réussir. « Inconsciemment,
il y a de cela, confirme-t-il. Quand j'étais gamin, venir à Montréal, c'était
assez rare. J'avais l'impression d'arriver à New York. » Chez les Garand, on
était plutôt casanier. La famille ne sortait pas comme cela de Sherbrooke.
Devenu Garou
et le Bossu de Notre-Dame, Pierre a investi dans la ville qui le faisait
fantasmer.
« C'est un
challenge »
Il s'est d'abord aménagé un
luxueux appartement, élégamment dépouillé, avec vue sur le Saint-Laurent. Les
meubles datent de son pied-à-terre parisien, largué il y a quelques années. Puis
l'apprenti hommes d'affaires a cru au Saint-Gabriel, la plus vieille auberge
d'Amérique du Nord, une bâtisse datant de 1754 dans laquelle il a investi il y a
quatre ans. « Il n'y a plus de chambres mais de quoi faire près de 500 couverts
et de grands banquets. Cela a longtemps été très touristique mais on a voulu
réaliser un très beau restaurant. » Vérification mardi soir où, entre les murs
en pierre et sous les poutres apparentes, on se laisse piéger par le maître des
lieux. Garou
sert une délicate galette de homard, un tartare de saumon puis une tourtière des
cantons, savoureux gâteau de viande accompagné d'un ragoût de pattes de
cochonnet et d'un ketchup maison. Le tout arrosé d'un redoutable vin italien, un
farnito 2001 choisi en connaisseur.
Le chanteur-restaurateur est
aussi patron du Medley, salle de spectacles équivalente à la Cigale, à Paris, où
se prolonge la soirée. « C'est le premier bar de Montréal où j'ai joué. Robbie
Williams y est passé. Maceo Parker, Lionel Richie aussi. Les punks de The
Exploited devaient y jouer mais ont été bloqués à la frontière. Cela a provoqué
une émeute devant la salle. Près de 1 500 punks ont brûlé des voitures, de
colère. » Le Medley ne va peut-être pas rester en l'état. Car
Garou
voit grand dans le quartier de la rue Saint-Denis, cadre d'un énorme projet
d'urbanisme. « Je prévois de m'associer à la réhabilitation du centre
hospitalier, de racheter un bloc du bâtiment avec des investisseurs pour créer
un centre de services avec théâtre, restaurant, hôtel, pharmacie. »
Chanteur et homme d'affaires.
« C'est un challenge. Je pourrais vendre le Medley au double de son prix,
réaliser un énorme profit mais cela ne m'intéresse pas. »
Garou est
plutôt joueur, du genre à vous embarquer rejoindre des amis pour une partie de
poker jusque très tard dans la nuit.
« J'ai été flambeur dès que
j'ai commencé à travailler, conclut-il. Chez moi, l'argent a toujours été une
notion très relative. »
Le
Parisien 02-05-08/EM |