Le vendredi 2 mai 2008

A Montréal, Garou est aussi homme d'affaires

Montréal (Canada)  

A MONTRÉAL, Garou est un peu chez lui aussi. Un rêve de gosse qui voulait réussir. « Inconsciemment, il y a de cela, confirme-t-il. Quand j'étais gamin, venir à Montréal, c'était assez rare. J'avais l'impression d'arriver à New York. » Chez les Garand, on était plutôt casanier. La famille ne sortait pas comme cela de Sherbrooke. Devenu Garou et le Bossu de Notre-Dame, Pierre a investi dans la ville qui le faisait fantasmer. 

« C'est un challenge » 

Il s'est d'abord aménagé un luxueux appartement, élégamment dépouillé, avec vue sur le Saint-Laurent. Les meubles datent de son pied-à-terre parisien, largué il y a quelques années. Puis l'apprenti hommes d'affaires a cru au Saint-Gabriel, la plus vieille auberge d'Amérique du Nord, une bâtisse datant de 1754 dans laquelle il a investi il y a quatre ans. « Il n'y a plus de chambres mais de quoi faire près de 500 couverts et de grands banquets. Cela a longtemps été très touristique mais on a voulu réaliser un très beau restaurant. » Vérification mardi soir où, entre les murs en pierre et sous les poutres apparentes, on se laisse piéger par le maître des lieux. Garou sert une délicate galette de homard, un tartare de saumon puis une tourtière des cantons, savoureux gâteau de viande accompagné d'un ragoût de pattes de cochonnet et d'un ketchup maison. Le tout arrosé d'un redoutable vin italien, un farnito 2001 choisi en connaisseur. 

Le chanteur-restaurateur est aussi patron du Medley, salle de spectacles équivalente à la Cigale, à Paris, où se prolonge la soirée. « C'est le premier bar de Montréal où j'ai joué. Robbie Williams y est passé. Maceo Parker, Lionel Richie aussi. Les punks de The Exploited devaient y jouer mais ont été bloqués à la frontière. Cela a provoqué une émeute devant la salle. Près de 1 500 punks ont brûlé des voitures, de colère. » Le Medley ne va peut-être pas rester en l'état. Car Garou voit grand dans le quartier de la rue Saint-Denis, cadre d'un énorme projet d'urbanisme. « Je prévois de m'associer à la réhabilitation du centre hospitalier, de racheter un bloc du bâtiment avec des investisseurs pour créer un centre de services avec théâtre, restaurant, hôtel, pharmacie. » 

Chanteur et homme d'affaires. « C'est un challenge. Je pourrais vendre le Medley au double de son prix, réaliser un énorme profit mais cela ne m'intéresse pas. » Garou est plutôt joueur, du genre à vous embarquer rejoindre des amis pour une partie de poker jusque très tard dans la nuit. 

« J'ai été flambeur dès que j'ai commencé à travailler, conclut-il. Chez moi, l'argent a toujours été une notion très relative. » 

Le Parisien 02-05-08/EM