Le mardi 9 novembre 2004

CONCERTS.

Tout sur Garou en tournée

Il arrive dans sa loge trois heures avant le spectacle, dîne à la cantine avec son équipe et se montre généreux avec son public. Récit d'une soirée avec Garou avant son arrivée au Zénith de Paris ce soir pour quatre dates.

Il paraît que l'hospitalité est une seconde nature chez les Québécois. Garou, 32 ans, ne déroge pas à la règle : il accueille avec un large sourire, tutoie d'emblée et ouvre grand les portes de sa tournée. Avant ses quatre concerts parisiens, à partir de ce soir au Zénith, il nous a reçus longuement, vendredi dernier, à l'occasion de son escale au Mans.

18 heures, dans sa loge. Garou allume une cigarette. « Je ne devrais pas », lance-t-il sans conviction. Car cet été, l'artiste a été mis au repos forcé. « J'ai eu un accident des cordes vocales, ce que les médecins appellent un coup de fouet. Cela peut être dû au froid, à une note que j'ai mal poussée, à la fatigue en général. Je suis sorti de scène en ayant très mal. J'ai dû tout stopper pendant un mois. Certains spécialistes pensaient que l'opération était inévitable. Je suis resté chez moi, je n'ai pas beaucoup parlé, j'ai arrêté de boire, je ne fume plus beaucoup. J'ai d'abord pris un coup au moral puis cela m'a permis de me recadrer, de me poser. Depuis Notre-Dame de Paris, il y a cinq ans, je n'ai jamais arrêté. Finalement, les médicaments ont suffi. J'en prends toujours un peu aujourd'hui. »

18 h 30, dans la salle. « Je vais vous montrer mes jouets. » Garou s'improvise guide dans les coulisses de son spectacle. Les jouets en question sont imposants : trois écrans vidéo en perpétuel mouvement qui surplombent la scène et peuvent se mouvoir selon les commandes des techniciens en régie. « On a fait appel à des scratcheurs d'images, des types qui ont une banque de vidéos qu'ils peuvent intégrer au spectacle pour illustrer les chansons. » Objectif : en mettre plein les yeux sans être trop distant. « Le but n'est pas de faire du Johnny », explique l'intéressé.

19 heures, à la cantine. Garou rejoint son équipe et entame une discussion conviviale. « Beaucoup de gens ici travaillent avec moi depuis longtemps, commente-t-il entre deux bouchées de lasagnes. Hugo, mon garde du corps, est un ami d'enfance. Francis, qui supervise la tournée, tenait le Liquor Store, le bar dans lequel j'ai commencé à Sherbrooke. Je ne pourrais pas imaginer travailler avec d'autres personnes que des potes. » Un gars bien ordinaire, ce Garou, comme dirait l'autre Québécois, Robert Charlebois. A l'exception de quelques articles dans la presse people qui lui prête des liaisons tous les trois jours avec, au hasard, Natasha Saint-Pier ou Isabelle Adjani. « C'est tellement n'importe quoi ! s'esclaffe-t-il. Là où ça me gêne, c'est quand cela fait du mal à d'autres personnes. Natasha Saint-Pier avait quelqu'un dans sa vie quand cette histoire est sortie. Et puis je sens que cela va commencer à vraiment m'énerver quand ma fille, qui a 3 ans, va être en âge de comprendre tout cela. »

20 h 30, dans les coulisses. Le chanteur se prépare sereinement : jean, chemise sombre et santiags. « Je n'ai pas le trac. Cela tient au fait que je n'ai pas peur des erreurs. J'aime bien les gaffes. Cela peut permettre d'envisager des choses nouvelles. » Avec ses neuf musiciens et choristes, il entame le rituel immuable d'avant concert. On se claque dans les mains, on se serre joyeusement dans les bras. On échange quelques mots dans un québécois absolument incompréhensible pour le novice français.

21 heures, sur scène. La salle de l'Antarès chavire dès l'apparition de Garou en ombre chinoise sur les écrans. L'artiste commence sur « Prière indienne » puis enchaîne avec « Reviens », l'un de ses tubes récents. Dans les premiers rangs : des filles, jeunes et moins jeunes, en pâmoison. L'intéressé sait y faire : un clin d'oeil par ci, une bise par là. Naturel ou pas ? Le geste paraît souvent spontané, pas calculé, comme quand, en fin de concert, il se saisit d'un téléphone portable tendu par une spectatrice pour chanter un bout de « l'Aveu ». Garou a commencé dans les bars et semble courir en permanence après une convivialité qu'il rêverait intacte. Ainsi, il se glisse dans le public pour chanter « Tout cet amour-là », provoquant quelques minutes de fébrilité dans l'assistance. Il reprend avec plaisir « Belle » dans une version plus intime que d'habitude. Il ne renie pas non plus les reprises qui occupaient ses premiers concerts en petit comité : les Blues Brothers, James Brown, Joe Cocker, les Beatles.

23 heures, sur la route. A peine la dernière chanson terminée, Garou s'engouffre dans une voiture pour éviter les bouchons d'après-concert. « J'ai eu des misères ce soir, commente-t-il à la québécoise, encore essoufflé. J'avais des problèmes de son. Mais je me suis amusé. Je suis avant tout un entertainer , comme disent les Américains, un amuseur. Mon spectacle représente ce que je suis. Ce n'est pas seulement mon actualité. C'est pour cela que je chante Belle, des reprises, et un chant traditionnel québécois. Je n'ai pas de barrières, pas de pudeur. Je veux être transparent pour les gens. »

Emmanuel Marolle

Garou en concert ce soir, demain, vendredi et samedi à 20 h 30 au Zénith, 211, avenue Jean-Jaurès, Paris XIX e . Places : 49 €. Tél. 01.42.08.60.00. Et le 25 novembre à Nancy, le 26 à Lyon, le 28 à Grenoble, le 7 décembre à Chalon-sur-Saône, le 8 à Cournon-d'Auvergne...
 



LE MANS (SARTHE), VENDREDI. Pendant son tour de chant, le Québécois reprend sans complexes les tubes qui l'ont fait connaître, comme « Belle », et des reprises des Blues Brothers, de James Brown ou des Beatles : « Mon spectacle représente ce que je (LP/GUY GIOS.)