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Garou sous le vent
Valérie Lesage
Le Soleil
Québec
Le vent des Plaines était si froid hier qu’il a fallu que Garou sorte une
chanson à répondre après trois quarts d’heure de spectacle pour dégeler un
public un peu timide jusque-là.
La foule était d’ailleurs moins imposante que ce à quoi Garou aurait
normalement eu droit pour son baptême des Plaines. Comme il l’a dit, y en
a qui ont choké... Les autres se sont enveloppés à deux ou trois sous les
couvertures !
Le populaire chanteur avait annoncé beaucoup de chaleur, il avait même
promis de mettre le feu. OK pour la chaleur, mais pour le feu, disons
qu’il a fallu beaucoup de temps pour l’allumer.
Pourtant, Garou a beaucoup fait pour aller chercher son monde et il a mis
de l’intensité dans ses interprétations ; il n’a pas l’habitude de se
ménager. Malgré tout, l’émotion n’a pas toujours fait son chemin.
La chanson traditionnelle était une belle surprise qui a fait naître les
sourires. Garou en a donné les premières mesures et, spontanément, le
public a continué tout seul longtemps. Après, il a fait Sous le vent, et
le public a eu du mal à remplir sa mission, c’est-à-dire remplacer Céline.
Par la suite, Belle, interprétée en français, en anglais et en italien, a
été un moment fort.
Sinon, Garou a fait défiler quelques chansons de son nouvel album et
plusieurs de ses grands succès. Mais, hormis les trois chansons du rappel,
dont Seul et Je suis le même, c’est quand il a emprunté à d’autres
répertoires, que ce soit du blues-rock américain ou du Goldman, qu’il a
suscité le plus de réactions.
En première partie, le jeune auteur-compositeur-interprète Alexandre
Belliard a présenté un spectacle correct. Assez bonne présence sur scène,
malgré la nervosité du débutant. Du pop rock de bon goût, mais des textes
inégaux. Les chansons engagées, sur la politique ou les médias, tombaient
dans un cynisme premier degré. Les chansons plus personnelles étaient plus
habiles. Et celle offerte par Jim Corcoran (à paraître) ressemble à un
cadeau précieux. |