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et les grands
questionnements existentiels qu'il savait déclencher, Garou a tenté d'en
recréer l'essence dans le spectacle qu'il proposera au Colisée le 9 avril.
« C'est un show qui sera plus mystérieux, a-t-il fait savoir. Il y a
plusieurs parties dans le spectacle qui sont un peu plus mystiques. C'est
connu de pas mal de gens que je voulais être archéologue quand j'étais
petit, mais ce que je dis moins, c'est que je voulais aussi faire de la
parapsychologie. Mon étude de parapsychologie à moi, ce sera ce show-là !
Ce qui fait que j'aime être sur scène, c'est l'osmose avec le public et
l'énergie qui s'en dégage. Dès le début du show, je vais ouvrir de façon
très mystique. On se pose des belles questions dans les chansons. On s'en
posera aussi par rapport aux mouvements d'énergie qui existeront dans le
spectacle », a-t-il expliqué, tout en conservant le voile sur la manière
dont cela se traduira sur scène.
Démarche amorcée avec Reviens, un deuxième album qui s'est rendu à 800 000
exemplaires en quatre mois, Garou cherche à resserrer sa prise sur son
univers. Cette volonté s'exprimera haut et fort dans la tournée de neuf
mois qu'il amorce actuellement au Québec, et qui l'amènera dans plusieurs
pays dont la Pologne, la France, la Suisse, la Belgique, le Liban et la
Russie. C'est d'autant plus vrai qu'il en a supervisé tous les aspects, de
l'éclairage à la conception vidéo en passant par la structure scénique et
le choix des chansons.
Jusqu'à maintenant, cette aventure lui a réservé de belles surprises,
comme de constater que le matériel de Reviens tient la route sur scène.
« Les chansons vont exploser ! Tellement que j'ai de la misère à en
couper. Il y a 16 chansons sur l'album. C'est déjà beaucoup. Dans un show,
quand on fait 10 nouvelles chansons, c'est beaucoup. (...) Ce qui est
certain, c'est que je vais faire des chansons de l'album Seul, des
chansons de Notre-Dame, et quelques covers. J'essaie de me séparer de mon
éternel medley R & B, mais je n'en suis pas capable. J'ai envie de le
garder. Ça fait partie de moi », a affirmé celui qui partagera la scène
avec sa bande habituelle de musiciens.
En raison de son engagement tous azimuts dans la création de ce projet,
Garou, qui est appuyé du metteur en scène Denis Bouchard, ne peut
s'empêcher d'être excité par son aspect technique.
« J'ai hâte de voir mes bébelles ! Ça fait longtemps que je travaille
là-dessus. À partir du moment où on est entrés en studio pour l'album,
j'ai commencé à pitcher des affaires de mise en scène, de conception
d'éclairage, de conception vidéo. Je vais enfin voir le résultat ce soir
(hier) ! » s'est enthousiasmé le chanteur, dont la bonne humeur ne
semblait pas entachée par les rumeurs de liaison à la chanteuse Natasha
St-Pier — depuis démenties — colportées par le tabloïd français Voici.
C'est l'expérience prise au cours de ces dernières années, en Europe et au
Québec, qui rend Garou aussi confiant.
« Maintenant, je veux m'impliquer dans tous les détails, a-t-il confirmé.
Pas parce que je ne fais pas confiance au monde. Au contraire. (…) Ça me
stimule. J'apprends. Et c'est justement parce que je ne me complais pas
dans la facilité que j'ai voulu collaborer avec plein de monde. Ça m'a
permis de grandir. Cette fois, on va probablement voir le spectacle d'un
grand garçon. »
Le moment est particulièrement bien choisi pour Garou de déployer ses
ailes. Même si le projet d'un album en anglais a été mis temporairement
sur la glace — il devrait être complété d'ici l'hiver —, ce deuxième
disque en français, porté par les simples Reviens et L'Adieu, fait bien.
Plus proche de sa véritable personnalité musicale, il a donné raison à
l'instinct d'un Garou, naturellement porté vers le blues et le rock.
« Je suis content de tout par rapport à l'album en français. Je ne
regrette rien, mais à un moment donné pendant le processus, je me disais :
“Est-ce que je suis trop proche de l'arbre et que je me rends pas compte
de ce qui se passe ? Je jubile, mais quand je vais reculer, est-ce que je
vais me rendre compte que ce n'est pas ça ?” Je suis super content
aujourd'hui. Les pièces de l'album sont faites pour la scène. »
C'est pourquoi Garou tenait à leur réserver un traitement royal. La
structure scénique imaginée pour ce spectacle rencontre les normes
établies par les grands artistes internationaux. Il ne pourra par
conséquent être présenté que dans quelques villes pourvues
d'infrastructures suffisamment grandes pour l'accueillir, soit La Baie (7
avril), Québec (9 avril), Rimouski (10 avril), Sherbrooke (12 avril),
Victoriaville (13 avril), Gatineau (15 avril), ainsi que Montréal (les 16
et 17 avril).
« Je trouverais ça plate de faire une petite version du spectacle au
Québec et une grosse version en Europe. Comme je ne voulais pas juste
faire Québec et Montréal non plus, je me suis débrouillé pour faire des
places où ça pouvait fonctionner. Un spectacle, c'est d'abord des chansons
et des bons musiciens, mais aujourd'hui, on se doit d'offrir plus. »
Garou ne se cache pas pour dire que ce spectacle serait impensable à
monter sans le volet européen de la tournée pour en amortir les coûts.
« Disons que je paie très cher pour jouer ici ! Mais c'est une
préoccupation pour moi de pouvoir l'offrir au Québec aussi. J'espère juste
entrer dans mon argent !
À cause du succès fulgurant connu par Garou à ses débuts en Europe, le
chanteur a été plutôt « absent » de la Belle Province à cette époque. Il y
en a eu pour conclure à une forme de snobisme. Il jure qu'il n'en était
rien. Aujourd'hui, des attaches renforcées dans le milieu artistique
québécois l'ont soulagé de ces jugements à l'emporte-pièce.
« De me rapprocher, ça m'a fait beaucoup de bien. Au début, tout s'est
passé tellement vite ! Quand on a lancé le premier album, on est partis
tout de suite en tournée. Je n'ai pas pu faire beaucoup de promo. Mes
tournées se sont faites majoritairement de l'autre côté, un peu comme ça
va être le cas cette année. Cette fois-ci, pour la sortie de l'album, on a
essayé de donner le plus de jus possible au Québec. »
La prochaine mission de Garou sera de faire vivre, ou plutôt naître, son
album sur scène.
« Mon défi, sur le show, c'est de faire plusieurs tounes qui n'ont pas été
des hits et d'en faire des hits de scène. Comme la 16e chanson sur l'album
qui est un blues, Une dernière fois encore. Ça ne sera jamais un single
radio, mais je pense qu'on peut lui donner une autre dimension sur scène.
»
Le rôle de popstar n'est pas le seul que campera Garou au cours de la
prochaine année. Le chanteur pourrait également faire sa première
apparition au grand écran. Plusieurs propositions sérieuses, autant
québécoises que françaises, lui sont parvenues en ce sens, mais il n'a pas
encore trouvé le temps de s'y pencher.
Présentement, toutes ses énergies sont consacrées à rééditer, avec
Reviens, le succès de Seul et de Seul... avec vous, vendus respectivement
à deux millions et quatre millions d'exemplaires.
Au Québec, les jeunes chanteuses Annie Major-Matte (La Baie, Québec,
Montréal, Victoriaville), Andrée Watters (Rimouski, Ottawa) et Martine
Bolduc (Sherbrooke) vont l'accompagner dans l'atteinte de cet objectif, se
partageant les premières parties de la tournée. En Europe, le jeune
auteur-compositeur Nicolas Ghetti devrait en faire de même.
Dans les prochains mois, Reviens devraient sortir dans une dizaine
d'autres pays européens en prévision de la tournée de trois mois à
l'automne. Cette série de spectacles trouvera son apothéose dans quatre
concerts au Zénith de Paris ainsi que deux représentations au stade de
Bercy. |