Lundi 12 mars 2007


Garou Le chanteur québécois a rendu hommage à Luc Plamondon, présent à Neuchâtel.
(christian galley)

CONCERT À NEUCHÂTEL

«Je suis le même», a chanté Garou, huit ans après «Belle»

Samedi aux patinoires du Littoral, après une courte absence, Garou, le chanteur québécois propulsé sur la scène européenne à la suite du succès fracassant de la comédie musicale «Notre-Dame de Paris», a retrouvé Neuchâtel avec un énorme plaisir. Et un prestigieux invité surprise, Luc Plamondon.

Jean-Jacques Goldman, Pascal Obispo, Didier Barbelivien, Jacques Veneruso… S'ils sont nombreux à écrire des chansons pour Garou, Luc Plamondon - présent à Neuchâtel - est sans doute le parolier qui a le plus contribué à la montée en flèche de cet artiste au grand cœur. Ce dernier le lui rend plutôt bien. Samedi, il l'a gratifié d'un vibrant hommage, assorti d'une reconnaissance sans limite pour démontrer qu'il avait vu juste: «Tout a commencé autour d'un feu de camp en compagnie de mes amis. On poussait la chansonnette en jouant des tubes des Beatles, de Michel Sardou, de Joe Cocker… A l'époque, très franchement, je n'y croyais pas du tout.» Et de lancer à la foule: «Mais vous, vous y avez cru!»

Moment intimiste du concert donné aux patinoires du Littoral, quasi remplies. Garou recrée alors avec ses musiciens cette ambiance du passé, interprétant notamment Jacques Brel, Michel Fugain et évidemment le célèbre «Belle», chanté pour la première fois au Palais des congrès en 1998. Se rappelant le personnage de Quasimodo, attachant au possible, tout le monde reprend en chœur le fameux «Ô Lucifer, laisse-moi rien qu'une fois glisser mes doigts dans les cheveux d'Esméralda», avec émotion. Et peut-être quelques larmes...

La magie de Garou, c'est tout cela et encore bien plus. Un timbre de voix rocailleux à souhait qui lui sied à merveille, un cœur «gros comme ça» et des chansons qui parlent de la vie, des petits soucis du quotidien, de la solitude, des injustices, et surtout de l'amour avec ses espoirs, ses attentes, ses désirs parfois inavoués, mais également ses désillusions: «Celui qui n'a jamais été seul au moins une fois dans sa vie, seul au fond de son lit, seul au bout de la nuit, peut-il seulement aimer, peut-il aimer jamais?»

Garou présente bien sûr les chansons de son dernier opus, «Je suis le même», «Plus fort que moi», «Que le temps», et tant d'autres, avec une intensité sans cesse renouvelée qu'il puise à même la générosité dont il fait preuve dans la vie de tous les jours. Sans oublier quelques standards comme l'incontournable «Gitan» ou «Passe ta route», un clin d'œil au jazz et une chanson dédiée à sa petite fille. Éternel rebelle avec une sensibilité à fleur de peau, il dénonce aussi la trahison de son meilleur ami: «C'est pire qu'une femme qui te trompe, pire qu'un père qui te renie ou qu'un frère qui t'oublie.»

Fidèle à lui-même, le chanteur adresse un dernier «Merci Neuchâtel», comme pour dire: «Vous pensez vous être déplacés pour moi. En fait, c'est moi qui suis venu pour vous!» / PAF

Pierre-Alain Favre