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CONCERT À NEUCHÂTEL
«Je suis le même», a chanté Garou, huit ans après «Belle»
Samedi aux patinoires du Littoral, après une courte absence, Garou, le
chanteur québécois propulsé sur la scène européenne à la suite du succès
fracassant de la comédie musicale «Notre-Dame de Paris», a retrouvé
Neuchâtel avec un énorme plaisir. Et un prestigieux invité surprise, Luc
Plamondon.
Jean-Jacques Goldman, Pascal Obispo,
Didier Barbelivien, Jacques Veneruso… S'ils sont nombreux à écrire des
chansons pour Garou, Luc Plamondon - présent à Neuchâtel - est sans doute
le parolier qui a le plus contribué à la montée en flèche de cet artiste
au grand cœur. Ce dernier le lui rend plutôt bien. Samedi, il l'a gratifié
d'un vibrant hommage, assorti d'une reconnaissance sans limite pour
démontrer qu'il avait vu juste: «Tout a commencé autour d'un feu de camp
en compagnie de mes amis. On poussait la chansonnette en jouant des tubes
des Beatles, de Michel Sardou, de Joe Cocker… A l'époque, très
franchement, je n'y croyais pas du tout.» Et de lancer à la foule: «Mais
vous, vous y avez cru!»
Moment intimiste du concert donné aux patinoires du Littoral, quasi
remplies. Garou recrée alors avec ses musiciens cette ambiance du passé,
interprétant notamment Jacques Brel, Michel Fugain et évidemment le
célèbre «Belle», chanté pour la première fois au Palais des congrès en
1998. Se rappelant le personnage de Quasimodo, attachant au possible, tout
le monde reprend en chœur le fameux «Ô Lucifer, laisse-moi rien qu'une
fois glisser mes doigts dans les cheveux d'Esméralda», avec émotion. Et
peut-être quelques larmes...
La magie de Garou, c'est tout cela et encore bien plus. Un timbre de voix
rocailleux à souhait qui lui sied à merveille, un cœur «gros comme ça» et
des chansons qui parlent de la vie, des petits soucis du quotidien, de la
solitude, des injustices, et surtout de l'amour avec ses espoirs, ses
attentes, ses désirs parfois inavoués, mais également ses désillusions:
«Celui qui n'a jamais été seul au moins une fois dans sa vie, seul au fond
de son lit, seul au bout de la nuit, peut-il seulement aimer, peut-il
aimer jamais?»
Garou présente bien sûr les chansons de son dernier opus, «Je suis le
même», «Plus fort que moi», «Que le temps», et tant d'autres, avec une
intensité sans cesse renouvelée qu'il puise à même la générosité dont il
fait preuve dans la vie de tous les jours. Sans oublier quelques standards
comme l'incontournable «Gitan» ou «Passe ta route», un clin d'œil au jazz
et une chanson dédiée à sa petite fille. Éternel rebelle avec une
sensibilité à fleur de peau, il dénonce aussi la trahison de son meilleur
ami: «C'est pire qu'une femme qui te trompe, pire qu'un père qui te renie
ou qu'un frère qui t'oublie.»
Fidèle à lui-même, le chanteur adresse un dernier «Merci Neuchâtel», comme
pour dire: «Vous pensez vous être déplacés pour moi. En fait, c'est moi
qui suis venu pour vous!» / PAF
Pierre-Alain Favre
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