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Au Medley, Quasimodo
redevient Garou
Jean-Christophe Laurence
« Si je ressemble à Quasimodo ? Nous sommes complètement différents. Au
niveau du sentiment surtout, ils sont aux antipodes. Comme les deux
extrémités d’une batterie. Un dans le négatif, l’autre dans le positif.
Mais il y a peut-être un parallèle à faire. Dans Notre-Dame de Paris,
Quasimodo sort de sa tour et devient le pape des fous. On l’acclame pour
sa grosse grimace. Ben moi quand je redeviens Garou c’est un peu ça… je
sors de Notre-Dame de Paris et je me fais un gros party… »
Beau party en effet, que celui d’hier au Medley où, après avoir remplacé
Marjo au pied levé, samedi, Garou et ses Untouchables se produisaient pour
un deuxième de suite au Festival Medley Black & Blues.
Avec six musiciens sur scène –section cuivres incluse– et un chanteur à la
vraie voix de loup Garou, les Untouchables jouent la carte du
Rythm’n’blues façon Commitments, reprennent les inévitables numéros
gagnants, de Mustang Sally à Sex Machine, passant par I feel good ou
Dancing in the street . Garou ? Loin d’être petit, affreux et bossu. Au
contraire… Massif et radieux, l’interprète domine la scène avec une bonne
présence et un maximum d’assurance.
Bonne recette pour faire lever le public (après trois chansons, on dansait
déjà en bas de la scène) mais rien de très nouveau au pays des shows de
clubs. Peu importe. On était d’abord là pour voir LA révélation Notre-Dame
de Paris. Parce qu’à force d’en entendre parler, on commençait à être
curieux.
« Je sais que les gens m’attendent, qu’ils vont m’analyser, confiait-il
deux jours avant son spectacle. Mais moi je n’ai rien à prouver… Ce
show-là, c’est surtout pour profiter de ma liberté avant de réintégrer mon
rôle de Quasimodo… Un truc simple, pas d’emballage, pour montrer au monde
d’où je viens et ce que je faisais avant… »
« Avant », ça commence il y a six ans, « accidentellement », dit-il. Un
chum chansonnier le fait monter sur scène ; il ressort du bar avec un
contrat de trois soirs par semaine ! « Jusque-là, je grattais ma guitare
sur le bord du feu c’est tout… mais on peut dire que j’y ai repris goût
assez rapidement. »
Pendant cinq ans, il anime les dimanches à Garou au Liquor Store de
Sherbrooke. Chante du Rythm’n Blues, du flamenco, de la chanson français,
de n’importe quoi pourvu que ça bouge. C’est là qu’un soir, Luc Plamondon
découvre sa voix de fond de cour de gravelle.
On connaît la suite. Les auditions, le rôle de Quasimodo, le disque
Notre-Dame de Paris. En moins de six mois, Pierre Garand alias Garou, 25
ans, est passé de l’anonymat à la célébrité. |