Fiori, qui fut
un énorme succès de vente, qui lui a servi de rampe de lancement.
Garou s’attaque aux arènes de Béziers ce mercredi. Souhaitons que l’adage « jamais deux sans trois » ne vienne pas contrarier la rencontre avec ses fans puisque les deux spectacles précédents (Marie-Claude Pietragalla et Les Arènes de la Glace) ont été annulés pour cause de pluie.
L’histoire raconte que Garou a tapé dans l’œil de Luc Plamondon et de Richard Cocciante quand il est venu passer une audition alors qu’il n’était que le chanteur d’un groupe obscur : The Untouchables. Formation qu’il a fondé à l’été 1995 et qui l’accompagne toujours sur scène. Avec sa tronche de beau gosse et sa voix rocailleuse, les producteurs pensaient avoir trouvé, et ils ont vu juste, celui qu’ils recherchaient pour incarner la complexité de Quasimodo. Garou a parfaitement fait sien la détresse de son personnage à travers sa voix mais aussi la richesse de ses émotions.
Néanmoins, après une tournée triomphale, le plus dur commençait pour Garou. Il lui fallait convaincre. Convaincre qu’il pouvait aussi être un chanteur solo. Les prix remportés dans l’intervalle – trophée Félix Révélation de l’année 1999 au Québec, prix World Music Awards pour Belle et un trophée aux Victoires de la musique – ont quelques peu facilité son entrée en matière.
Garou reçoit de farouches œillades de la part du public français. On peut même dire qu’il est la nouvelle coqueluche des midinettes et il ne semble pas s’en plaindre. Après quelques épisodes intermédiaires (Ensemble contre le Sida où il chante en duo avec Hélène Ségara, la tournée des Enfoirés, la rencontre avec Céline Dion et René Angélil…), arrive l’heure du tant attendu premier album.
Seul, son titre, évoque bien cette rupture avec une expérience collective. Mais l’est-il réellement partant du principe qu’il s’est attaché les services de collaborateurs aussi disparates que David Foster, Bryan Adams ou Didier Barbelivien ? Sur Seul, le premier extrait éponyme, on retrouve aussi la plume de Luc Plamondon (son « père spirituel » a écrit la moitié du disque) et de Romano Musumarra. Ce solitaire est parfaitement entouré à dire vrai.
Eternel souriant, pote avec tout le monde, artiste surexposé, ainsi va Garou. Chanter, monter sur scène, répandre du bonheur, communiquer avec les gens sont les préoccupations qui lui collent à la peau en toute sincérité. Sa tournée d’hiver à travers la France a rencontré le succès escompté et il est toujours sur un nuage. Celle d’été semble un peu moins évidente. Béziers lui réservera certainement un accueil chaleureux même si cette date qui vient juste après la Feria est une nouvelle sollicitation qui sera peut-être de trop pour une frange du public. Mais les yeux de Garou n’ont pas de prix pour les demoiselles des premiers rangs !
J.Ce