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On ne vous avait pas beaucoup vu
dans la presse people ces dernières années… jusqu'à ce que vous sortiez avec
Lorie en 2007 !
J'ai toujours pris garde à
rester discret dans ma vie privée. Etre avec quelqu'un de célèbre quelque part,
c'est moins dangereux. Avant, si la fille ne connaissait pas le milieu, je
devais la protéger. Parfois, la presse people raconte des conneries et l'autre
peut en souffrir. Tandis que Lorie, au moins, elle connaît le tarif.
Les paparazzis sont-ils aussi
entreprenants au Québec qu'en France ?
Rien à voir ! On peut se balader
tous les deux dans la rue. Les gens me reconnaissent, me disent bonjour. Là-bas,
il n'y a pas cette notion de paparazzis, de magazines people. Les gens se
renseignent sur les stars américaines, mais pas sur les stars locales.
C'est un peu comme en Suisse…
Tout à fait. D'ailleurs, quand
j'arrive ici, je me sens à la maison. Les gens sont respectueux : ils te disent
bonjour, mais ils ne vont pas te sauter dessus pour un autographe, ou pour te
prendre en photo. En fait, même au Québec, je suis souvent entouré de Suisses.
J'ai des restaurants à Montréal, et mon partenaire est chez vous. On reçoit
constamment des délégations suisses.
Vous allez bientôt ouvrir un
restaurant chez nous, alors ?
Je ne crois pas. A Montréal,
j'ai mon petit monde, des gens qui me font confiance, c'est plus facile.
Pourtant, un restaurant à Genève
ou à Lausanne aurait sûrement beaucoup de succès !
(Moue)
Ouais, mais même pour le resto à Montréal, je n'ai pas voulu m'afficher, ça a
pris du temps avant que je dise que c'était chez moi…
Justement. Peut-on dire que vous
êtes Garou la nuit et que vous redevenez Pierre Garand la journée ?
Oui. Mais maintenant la journée,
je bosse davantage qu'avant. Je dois me lever plus tôt le matin. Du coup, ma vie
nocturne s'est un peu calmée. Ca ne saurait durer… (Rires)
Votre côté rebelle ne vous a
donc pas quitté ?
Il est toujours là ! Et même
dans les affaires. Parfois, je fais les choses complètement à l'inverse de ce
que je devrais faire. J'ai un esprit anarchique, mais dans le bon sens. J'aime
brûler toutes les balises pour voir ce qui pousse vraiment. C'est ainsi qu'on se
pose les vraies questions.
Etes-vous plus sérieux quand il
s'agit de votre fille aujourd'hui âgée de 7 ans ? La voyez-vous souvent ?
Oui, elle habite Montréal, avec
sa mère. On est très complice. Je passe beaucoup de temps avec elle, du temps de
qualité. Quand je dois partir en tournée pour cinq semaines, c'est dur. Mais
quand je suis avec elle, ça veut dire que je suis loin de ma chérie. Je suis
tout le temps torturé comme ça. D'ailleurs, dans mon album, une chanson exprime
bien cette douleur, la plus grande de ma vie : What's the time in NYC" (Quelle
heure est-il à New York). Chaque fois que je regarde ma montre, je vois deux
heures différentes : celle du Québec et celle de l'Europe. C'est ce que cette
chanson raconte : "Qu'est-ce que tu fais, est-ce que tu penses à moi en ce
moment, quelle heure est-il chez toi"…
Pour votre fille aussi c'est
difficile ?
Elle a l'habitude. Heureusement
! Si à chaque fois que je l'avais au bout du fil elle pleurait "Papa, je
m'ennuie, t'es pas là", ce serait encore plus dur. Mais elle n'est pas comme ça.
Par contre, quand je reviens, elle est toute contente !
Se rend-elle compte que vous
êtes une star ?
Oui, mais pas depuis longtemps.
J'ai fait très gaffe. Cela s'est passé progressivement. J'ai pris du temps avant
de l'emmener à l'un de mes concerts. Et finalement, elle a regardé deux
chansons, puis elle est retournée dans la loge avec ses jouets.
Ce n'est pas encore une fan
alors !
Non mais quand je suis loin,
elle demande constamment à écouter mes albums. J'imagine que sa mère n'en peut
plus ! Dans la voiture, elle veut entendre la voix de papa.
Pour en revenir à votre carrière
: vous n'êtes pas tenté par le cinéma ? Vous aviez bien investi votre rôle de
Quasimodo…
Ca fait dix ans que je reçois
des scénarios. Cinq à dix propositions par année. Je n'ai encore jamais dit oui.
Mais je vais peut-être me laisser tenter maintenant, comme je suis dans une
période de redémarrage de ma vie. Je vais peut-être goûter au septième art.
D'ailleurs, je me souviens d'une scène avec mes parents. On parlait carrière :
je leur ai dit, je sais que vous avez toujours pensé que je deviendrais avocat.
Ils m'ont répondu, non, tu es fou, nous, on a toujours cru que tu deviendrais
acteur. Et j'étais étonné, parce que mes parents ne m'ont jamais encouragé à
entreprendre une carrière artistique. La musique, ça allait comme hobby, mais
pas comme métier.
Des réminiscences de Quasimodo ?
(Rires) Oui, exactement !
C'est bientôt le Paléo. Vous
aviez participé à l'édition 2003. Vous comptez y revenir un jour ?
J'aimerais bien, parce que
j'avais adoré ça. Même si en général je préfère les petites scènes. En 2004,
nous étions allés jouer à Prague, dans un bar de 500 places. Depuis, je n'ai
fait que des grandes salles, ce qui implique un grand déploiement et toute une
série de règles à suivre. Avec mon nouvel album, j'avais envie de retrouver la
liberté des petits espaces. Au Québec, j'ai booké (n.d.l.r. : réservé) des
endroits où je ne suis encore jamais allé. A Lausanne, on va jouer aux Docks et
à Paris à la Cigale. Des salles que je ne me serais jamais permis de faire
avant. Avec tout ça, je vais me régaler.
Propos recueillis par
Mélanie Haab
et
Tania Araman |