|
GAROU
L’âme en équilibre
Agnès Gaudet
Le Journal de Montréal
03-05-2008 | 04h00
Avec son nouveau CD, Piece of My Soul, qui est en anglais, Garou ne joue
pas à quelque chose. Il joue quelque chose. Une nuance à laquelle il tient.
Le nouvel album du chanteur, c’est du Garou à 100%. Jouer à quelqu’un d’autre,
il garde ça pour les projets de film qu’il envisage. Pour lui, jouer, c’est
faire de la musique, celle qu’il aime, sans rien inclure de faux.
Pour réaliser Piece of My Soul, Garou s’est entouré de grands noms de la
musique: Rob Thomas, de Matchbox Twenty, pour Stand up, premier extrait
radio, Lord Algie (Green Day), Aldo Nova, Don Mescal, Guy Chamber (Robbie
Williams) et, surtout, le producteur suédois Peer Astrom (Madonna, Céline Dion),
avec qui il s’est enfermé dans sa cabane en suède et chez Garou, dans les
Cantons-del’Est.
«Je prenais un lunch à Stockholm avec la mère de ma fille (elle est suédoise).
Cette rencontre a été déterminante, raconte le chanteur. On a parlé musique et
on était vraiment sur la même longueur d’onde.
On voulait faire de la vraie musique, avec des vrais instruments, et on s’est
entendus ce jour-là pour faire mon album, juste lui et moi, en studio, la porte
verrouillée.»
SA PROPRE PLUME
Quelques mélodies des premières rencontres, il y a six ans, au début du projet,
ont résisté au temps, Heaven’s Table, sa préférée sans être la saveur du
mois, Coming Home, une chanson magique qui n’a reçu aucune retouche.
Également dans l’album: Nothing Else Matters, qui raconte l’histoire de
Petra Nemcova, ce mannequin qui a perdu son amoureux dans le tsunami, ainsi que
la reprise Burning, qui a été un gros hit en Suède. C’est sans oublier le
succès radio actuel, Stand up, pour lequel Garou a pour la première fois
de sa vie posé sa plume sur une musique (celle de Rob Thomas).
«Adolescent, jamais je n’aurais dit que je deviendrais un jour chanteur,
explique Garou, mais auteur, peut-être. Je gagnais plein de prix de poésie à
l’école. Mais avec ma vie à 300 milles à l’heure, je ne m’arrête pas pour
écrire. Je n’en ressens pas le besoin, sauf pour cette musique de Thomas pour
laquelle personne ne trouvait les mots.»
Pour Garou, Piece of My Soul est l’album de l’équilibre avec ses rocks et
ses ballades, «comme dans ma vie personnelle», dit-il.
«Je suis encore excessif, avoue le chanteur, mais j’ai trouvé un équilibre là
dedans. Je suis heureux avec la compagnie de production que je viens de fonder,
Wolfgang Entertainment, heureux en amour, j’entretiens une super-relation avec
ma fille et cet album en anglais est tellement logique.»
Déchiré entre les
deux femmes de sa vie
Quand on lui demande de nous parler de ses deux «fillettes», sa progéniture,
Emelie, et sa blonde, la chanteuse Lorie, Garou proteste.
«On a juste dix ans de différence! éclate le chanteur en acceptant la blague de
bon gré. J’ai 35 ans et elle en a 25!
«J’en ai connu, des femmes dans ma vie, poursuit-il. Et je me rends compte que
certaines étaient très bébés. Laure (son nom véritable) fait très bébé avec son
physique, mais c’est toute une femme, une grande futée. Elle est très
impressionnante.»
Garou est en amour avec Lorie par dessus la tête. Ça se voit quand il en parle.
Ça se voit aussi quand la chanteuse, en pleine séance de jogging matinal,
s’arrête pour déposer un baiser sur ses lèvres: «Mon amour!» s’exclame alors le
chanteur.
Lorie et Garou, qui se fréquentent depuis un an et demi, s’adorent. Tous les
deux en période de transition côté métier (Lorie s’adressait avant aux
adolescents), et tous les deux chez BMG, ils se comprennent aussi.
ENNUI ET RETROUVAILLES
Évidemment, l’éloignement fait mal. Ils sont souvent retenus dans un pays ou
dans l’autre, loin l’un de l’autre. La chanson What’s the Time in New York
City, sur l’album anglais de Garou, raconte ce phénomène inévitable au
chanteur.
«Là-bas (en France), je m’ennuie de ma fille, admet Garou, et ici (au Québec),
je m’ennuie de ma blonde. Peu importe avec qui je suis ou dans quel pays je me
trouve, je vais vivre cette situation de toute façon. L’avantage, c’est qu’un
jour, grâce à ce métier, on va pouvoir prendre six mois sans se lâcher. Et puis,
les retrouvailles sont fantastiques.
Avec ma fille qui crie papa! c’est merveilleux. Avec ma blonde… c’est quelque
chose quand on se saute dessus.»
Garou n’a pas l’impression de négliger sa fille, six ans, avec qui il communique
régulièrement par vidéocaméra. Au contraire, il croit être plus présent que bien
d’autres pères: «Je ne la vois pas moins que d’autres qui se limitent parfois à
planter leurs enfants devant la télé où à leur faire faire les devoirs. Et puis
quand on se voit, on est en symbiose, c’est la grande complicité.» |