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GAROU
Enfin de retour aux
sources
Agnès Gaudet
Le Journal de Montréal
03-05-2008 | 04h00
À Montréal pour parler de son album en anglais, toutes les entrevues de Garou
commencent par: «Enfin!» Pourtant, le chanteur se demande encore comment son
Piece of My Soul sera perçu.
Enfin, le projet d’album en anglais est arrivé à terme après six années de
promesses.
Enfin, Garou va se remettre à chanter en anglais comme il le faisait dans les
bars au début de sa carrière, avant Notre Dame de Paris. Ça y est, l’album
anglais est né. Mais le chanteur lui-même se dit en période «un peu nébuleuse où
il observe et se régale», se demandant comment les gens vont accueillir un album
de Garou dans la langue de Shakespeare.
«Au Québec, pas de problème, dit-il, je me fais quasiment reprocher de chanter
en français, comme si les gens voulaient que je fasse une plus grande carrière
encore. En même temps, je ne vivrai jamais une plus grande fierté que d’avoir
emmené le français avec mes chansons aussi loin, même dans certains pays comme
la Pologne.»
En France, cependant, et à plusieurs endroits en Europe, le chanteur doit se
justifier de chanter en anglais et raconter son parcours musical, à partir des
bars de la région de Sherbrooke, où il chantait 90% de matériel en anglais, à ce
retour naturel aux sources qui lui fait grand bien.
«Peut-être que ce ne sera pas un album mondial, prévient le chanteur, mais en
même temps, je ne sais pas si ça me tente.»
D’ABORD AU QUÉBEC
Mondial ou pas, Garou lancera son album ici au Québec, «là où on en a le plus
besoin, «on» incluant la personne qui parle, dit-il, pour retrouver le vrai
Garou».
Dès le lendemain du lancement, le 6 mai, le chanteur prendra l’avion pour se
promener partout en Europe. Un parcours naturel organisé par la grosse machine
BMG, qui mène Garou là où il se sent bien et attendu, une tournée promo et
spectacles qui compte une dizaine de pays, dont la France, la Suisse, la
Belgique, l’Autriche, les Pays-Bas, l’Italie, la Pologne, la Russie. Garou est
emballé.
«C’est un parcours de fou. Avant de partir, je paniquais, mais en même temps,
c’est full fun. On va en Italie, on passe par Vienne et Zurich entre deux shows.
C’est pas comme si on passait par le Texas, l’Ohio et le Connecticut!»
UN RUSH D’ENTERTAINER
Garou a assurément des affinités avec les Européens, ce qu’il n’avait jamais
imaginé étant jeune. Né au sein d’une famille «très sédentaire» qui n’avait
quitté le pays que pour quelques sauts en Floride et au Mexique, le chanteur a
découvert l’Europe grâce à son rôle de Quasimodo.
Son besoin de reprendre la route des spectacles dans des petites salles lui
vient d’ailleurs d’un souvenir de Prague, dans un bar de 500 places, en 2004.
Après le gigantisme des concerts qu’il a menés en tournée européenne, Garou
renouait alors avec son métier premier: entertainer.
«Je suis resté accroché à ce feeling, à ce soir où j’avais fait monter Éric
Lapointe sur scène à Prague. Ça me manquait depuis. J’avais un rush de ça.»
Avec quatre musiciens «rock’n’roll», tous des Québécois, dont ses vieux potes
Ben le batteur, Dany au sax et à la direction, Nino le pianiste, qui
l’accompagnait au Liquor Store, et deux petits nouveaux, Garou s’en promet dans
plein d’endroits au Québec qu’il n’a jamais eu la chance de visiter avec son
trop gros show.
«On va jouer en toute liberté, sans les exigences d’un show de grande envergure
qui oblige avec ses images sur écrans géants à suivre le tempo. Là, on va
pouvoir improviser, choisir chaque soir la direction musicale qu’on veut. Comme
à l’époque des bars.»
L’improvisation est au rendez-vous.
Garou et ses musiciens se réunissaient cette semaine chez lui pour brainstormer
et proposer une liste de tounes: «Je crois au spontané», dit-il.
«J’ai hâte, ça se peut pas! ajoute-t-il. Je me suis organisé le playground
parfait; plein de petites salles, un régal.»
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