Du 24 au 31 juillet 2004
 

Numéro 3959
 

“Heureux d’avoir suivi la route de Beiteddine”:
Garou a enflammé la scène et le public


Par ces simples paroles: “Bonsoir Beiteddine, nous sommes heureux d’avoir suivi la route de cette montagne”, Garou a commencé une soirée de délire qui ne s’acheva que bien tard dans la nuit de samedi dernier.



 

Une soirée de délire, c’est bien le cas de le dire, car dès les premières notes entamées par les musiciens, les cris ont fusé de toutes parts, sans distinction d’âge. Un enthousiasme constamment nourri par un artiste hors pair doublé d’un beau parleur. Jonglant habilement entre la conversation directe avec son auditoire et ses chansons répétées à tue-tête par le public, il se comportait en bête de scène sans ménager sa peine ni sa voix de stentor. Faisant son numéro de charme auprès des “belles Libanaises”, il les envoûtait tantôt par des chansons où il leur faisait “L’Aveu de l’amour” ou encore en leur déclarant tout court “I Love You”, allant “Pour l’amour d’une femme” jusqu’à faire toutes les folies qu’un homme peut accomplir. Si déroutantes soient-elles, qu’il fait l’étude de leur comportement. Et scandant une chanson, il la répète jusqu’à ce que le public la reprenne en chœur: “Il ne faut pas généraliser
Il y a sûrement plein d’exceptions
Les étudier, les cerner
C’est mon crédo, ma mission”.



 

En hommage à un ami que beaucoup ont pleuré ces derniers temps, Garou s’installe au clavier et chante “Georgia on my mind”, d’une voix qui ressemble très fort au maître du soul, Ray Charles, le grand et cher disparu. Grand farceur, sa séduction du public se complète avec une imitation parfaite d’Elvis Presley, relevant son col à la manière du King, roulant sa voix en tambour et interprétant ce classique du rock endiablé “That’s all right”. Pris par une frénésie sans pareille, le chanteur descend de scène et s’immerge dans un bain de foule, allant saluer son public en chantant, dont une grande majorité a des affinités avec sa ville, Montréal. Le délire atteint ici son comble dans les rangées où on s’empresse de le voir de plus près, de le toucher ou même de capter un regard de ses beaux yeux bleu azur. De retour sur scène et en chœur avec son idole, le public entonne “Belle”, chanson votée par les Français comme la meilleure des 50 dernières années. De “Belle”, la star québécoise ne chante que le couplet du Bossu, mais dans ses trois langues: originale, puis anglaise et espagnole. Les minutes que durèrent ce chef-d’œuvre semblaient ne pas finir. Certains mêmes se remémoraient l’année où “Notre-Dame de Paris” fut jouée sur ces mêmes planches, quelques années plus tôt, avec un casting différent de l’original et se disaient: “Nous avons finalement admiré Garou chanter le Bossu”. Du Bossu, Garou déclare cependant qu’il a bien eu une vie avant ce rôle qui a fait sa gloire. Ayant eu sa première guitare à... trois ans, il apprendra plus tard à jouer du piano, de l’orgue. A quatorze ans, il adhère en tant que guitariste à un groupe de classe “The Windows and doors”, jouant essentiellement des succès des Beatles. Après un bref passage dans la fanfare des Forces armées où il souffle dans les cuivres, il multiplie les petits jobs en 1993, écumant le soir venu toutes les discothèques. Ayant chanté par hasard lors d’un spectacle de chansonnier, le patron du bar qui le remarque, l’embauche sur-le-champ pour un numéro de solo. En 1995, il fonde un groupe “The Untouchables”, lance son premier album “Seul” et fera une tournée réussie en Europe et au Québec. Ce n’est qu’en 1997 que Luc Plamondon le découvre et lui confère son rôle-phare: Quasimodo. Garou jouera dans le drame musical “Notre Dame de Paris” à Montréal, Paris, Lyon, Bruxelles et même à Londres dans sa version anglaise. Depuis, il ne cessera de collecter les trophées: des Félix, des Victoires de la Musique, des World Music Awards, des NRJ Awards, le Prix Victor Sotto, le Prix du Printemps de la Sacem... Fait chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en France en 2002, Garou a déjà, à 32 ans, toute une carrière pleine de succès à son actif. Sa voix extraordinairement puissante l’emportera bien loin encore. Ajouter à cela un charisme et un charme irrésistibles, conférés par des yeux d’azur et un sourire sur les coins des lèvres qui fait fondre ses fans, ces belles femmes pour lesquelles il ne tarit point d’éloges. Comment ne pas l’aimer?
 
Hélène Rechmany
 
Article paru dans "La Revue du Liban" N° 3959 - Du 24 Au 31 Juillet 2004