Samedi 24 juin 2006

Garou: Je suis beaucoup plus fidèle qu'on le croit

TF1 revient sur les chansons qui ont bien marché ces dernières années. Parmi les invités, Garou, dont le troisième album est sorti il y a quelques semaines. Dans « toute la musique qu’on aime » (vendredi sur Tf1) Flavie Flamant revisite le meilleur de la variété de ces cinq dernières années. Parmi les chansons présentées, il y en a de Garou, évidement. Trois ans après « Seuls », le canadien revient avec un album qui porte simplement son nom. Confidences d’un homme qui vit à 100 à l’heure…

Sur l’album, vous la jouez cadran solaire…

Oui. Je voulais exprimer le fait que le temps est relatif : il dépend de l’endroit où est placée la lumière. Il peut aussi y avoir une heure qui transforme une vie et, au contraire, trois ans pendant lesquels il ne se passe rien. Le coup de foudre par exemple, qui est le moment le plus éternel d’une vie, dure une seconde…

Qu’avez-vous fait ces trois dernières années ?

Avec l’album « Reviens » on a beaucoup tourné. L’an dernier, en revanche, je n’ai rien fait sur le plan musical. Je me suis consacré à mes autres boulots. Mes restos, ma boite de nuit, mes projets immobiliers… Je n’ai pas arrêté de bosser. Et surtout, je me suis consacré a ma fille (ndlr : Émilie, 5ans)

Elle vit au Canada ?

Oui, avec sa maman (ndlr : Ulrika, mannequin suédois) qui est désormais ma meilleure amie. Nous nous sommes séparés parce que je n’étais pas là tous les jours. Nous avons vécu des moments difficiles. Mais nous sommes toujours très proches.

Et vous, où habitez-vous ?

Un peu à Montréal, et dans une maison à la campagne, non loin de là. C’est là que je vis avec ma fille, quand j’y retourne. A Paris, je vis à l’hôtel. J’ai la même chambre depuis quatre ans. C’est comme si c’était chez moi.

Vous voyez souvent votre famille ?

Oui ! Elle vit a une heure de Montréal et tout près de chez moi. Je suis très famille, comme les loups. Et comme les cancers - je suis cancer, mon père et ma fille aussi.

C’est juste, vous aurez 34ans ce 26 juin…

Oui, j’ai 33 ans. 48 si on compte les heures de sommeil. Je vieillis plus vite que la moyenne, vu que j’ai toujours la pédale a fond. Mais ça ne me gêne pas. Et puis, je travaille très fort pour rester jeune au niveau mental (sourire)…

« L’injustice », c’est un hommage à Patrick Dils, condamné à tort ?

Cette chanson a été écrite par Pascal Obispo il y a six ans, et enregistrée avant que je ne rencontre Patrick aux restos du Cœur. Là, il m’a pris dans ses bras en pleurant. Il m’a dit que la chanson « Seul », personne ne pouvait la comprendre aussi intensément que lui. Qu’elle lui avait sauvé la vie en prison. Il m’a beaucoup touché. J’ai eu envie qu’il apparaisse dans le clip de « L’injustice » Je l’ai emmené à Montréal et on l’a enregistré. Cette chanson, je ne peux plus la chanter sans penser à lui.

Dans « Je suis le même » vous évoquez la lassitude de la vie conjugale…

Oui, pour la sauver. Pour essayer de raviver la flamme. C’est ce que j’ai envie que les couples se disent. Elle est hyper importante pour moi. S’il y a une chanson que je voudrai léguer après ma mort, c’est celle-là.

Les couples de longue durée, ce n’est pas votre cas…

Non, mais je suis beaucoup plus fidèle et romantique qu’on le croit. Je suis assez épargné par la presse à scandales (je ne me laisse pas faire), pourtant je renvoie souvent l’image d’un mec volage…

Dans « Plus fort que moi » vous dites que vous connaissez votre force…

Je connais mes forces, mes peurs…, mais pas nécessairement mes limites (sourire). Parce que je suis un excessif. Mais mes forces, c’est l’honnêteté, l’intégrité. Je n’ai donc pas peur de vivre des excès. L’endurance est aussi une de mes forces. Je ne connais personnes qui soit capable de me suivre !

Dans « Viens me chercher », vous évoquez vos yeux trop bleus pour être honnêtes…

C’est vrai que j’ai des yeux naïf : j’essaie de rester enfant pour rester émerveiller et émerveiller les gens. Mais je suis moins naïf que j’en ai l’air. Je suis quand même un homme d’affaires (sourire). Mon entourage le sait.

Vous croyez au destin. Voyez-vous le vôtre dans dix ans ?

Je me vois avec une femme, quatre enfants, beaucoup d’amis, un hydravion (sourire). Et une vie encore super mouvementée, mais avec un équilibre parfait. Comme aujourd’hui.

Entretien pour le Telepro : Ingrid OTTO