Du 30 août au 5 sptembre 2004

Culture
 
GAROU A CARTHAGE
Voyage d’exception

 

Mercredi 16 août au soir, le théâtre mythique de Carthage a renoué, le temps d’un gala total, avec ses meilleurs moments d’antan, lorsqu’il drainait la foule pour partager les plaisirs de l’écoute et de la vue sur scène des grandes stars à dimension universelle.
Garou y était pour la première fois avec ses paroles, sa voix, sa guitare, sa troupe de virtuose, ses déplacements sur scène… et dans les gradins, touchant, amusant et se faisant plaisir dans et par le partage de l’amour de la musique avec un public acquis…


Le contact était si fort entre la vedette et ses valeureux fans, qu’il est devenu fusionnel… De «Notre Dame de Paris», à «Adieu», deux heures de communion, à inscrire dans l’actif de Carthage… ce festival et cette enceinte si propice et adaptable à la merci et à tous les vents (de qualité) venus d’Orient et d’Occident.
Vibrer, danser, marquer des poses de quelques secondes pour la transition, passer d’un album à un autre, d’une reprise à une autre et aller vers l’autre qu’il rencontrait pour la première fois de sa vie, étaient les ingrédients… choisis par Garou pour sa soirée à Carthage.

Nous avons vécu, à guichets fermés, aux rythmes d’un cocktail pacifique de musique et chants allant du lyrique au Rock avec des influences blues et jazz au passage dans les deux langues, celle de Molière —si aimée des Québécois— et l’anglais si propice à sa «reconnaissance» internationale…
Forme splendide
Garou était en forme ce soir-là. Après le Zénith, il est venu à Carthage avec beaucoup de motivations.
N’avait-il pas dit à Tunis-Hebdo la veille, à sa descente de l’avion le ramenant de Nice à Tunis : «Je suis ici pour la première fois dans une tournée d’esprit festivalier où j’ai l’intention de chanter «Notre Dame de Paris» sans laquelle je ne serai pas ici chez vous, avec des reprises de mes deux CD».
«Notre Dame de Paris», avait changé la vie de Garou.
Elle lui a permis comme il nous l’a précisé de s’essayer «dans les mélodies lyriques».
Avec Céline Dion, il ne récidive pas. Il est son complice puisque les deux ont un seul producteur.
Hommage à Céline Dion
Et à Carthage, il a repris son duo avec Célinec avec une autre voix féminine), dans un des moments les plus forts de la soirée. Là, la star a bien senti la chaleur et la valeur de son public, puisqu’il répétait avec lui les paroles éternelles de ce beau tube.
L’homme et l’artiste n’ont fait qu’un dans la générosité des sentiments et de l’effort pour transmettre les émotions et mettre les meilleurs mélomanes dans l’atmosphère québécoise faite elle aussi comme la tunisienne, de mélange de cultures et de sensibilité.
Comme il a déjà fait ses preuves dans le maniement des instruments de musique, de la trompette au piano, de l’harmonica à la guitare, il communiquait à l’œil avec ses musiciens et enchaînait sans difficultés, de «Si la vie», «Gitan» de son dernier album, à «Ne t’en va pas», «L’acte de l’amour», «Pour l’amour d’une femme» ou «les filles pensent»…
Fusion totale
«Belle» de «Notre Dame de Paris» a électrisé l’assistance. Debout ou assis, en mouvements, ou en position plastique, Garou, ne laissait personne indifférent. Avec «Belle», aucune distance ne le séparait plus de son public…
Les «tractations», les «avances», les un pas en avant —deux pas en arrière, se poursuivaient.
Carthage est allé loin, ailleurs, dans un état second, l’effet de masse jouant crescendo, la musique alternant le fort et le moins fort, les paroles invitaient à s’exorciser pour explorer plus et mieux les sentiers des sentiments les plus forts.
On se croirait sur une autre planète…
Une autre reprise qu’il n’a pas faite depuis longtemps : «La Bohème», de Charles Aznavour. Elle n’est pas facile. Et c’était le cadeau à son public de Carthage.
«L’amour est violent», un tube fort connu, sera suivi par la reprise célèbre du duo chanté avec Céline Dion, «Seul»,… pour chuter progressivement vers la fin où il ne quittera pas le public sans lui improviser «Adieux».
De pareilles soirées, tout le monde en redemande.
Comme le dit la chanson «A dieu»… il y aura un retour avec Garou certainement…

H.B.