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27 septembre
2007
L'Étoile
Star à l'horizon
Andrée Harvey
Une star est née sur la Plaza Saint-Hubert. Une Étoile dont le coeur,
authentique et rustique, est mis en valeur dans un écrin nickel. À l'image de la
star pop Garou, l'un des propriétaires.
On la voit briller de loin. Une grosse étoile rouge. Elle guide nos pas vers
cette nouvelle brasserie qui s'est enracinée à l'orée de la Plaza Saint-Hubert,
juste à côté du Petit Medley. Cette étoile rouge, on la retrouve également à
l'intérieur, imprimée sur le tablier noir des serveurs et serveuses, et peinte
sur les murs et les colonnes par l'artiste montréalais Carlito Dalcieggo.
Coup d'oeil à la déco, sobre et soignée: les murs sont noirs, les plafonds
couleur crème, et l'éclairage tamisé. Du rouge et du rose surgissent de la
murale de Carlito, sorte de collage où des images de magazines se superposent à
des phrases où il est question de liberté. Les tables, noires, sont couvertes de
papier blanc. Des chaises bistro font face à des banquettes de bois, style bancs
de parc (dur pour les fesses), et l'ensemble donne sur de grandes vitrines qui
doivent s'ouvrir en été.
Succombant au voyeurisme, on cherche des yeux la star Garou... qui brille par
son absence. Dans la salle à manger, on a plus de chance de croiser ses
associés, les membres de la famille Holder, qui, en matière de restauration
bistro, sont nés sous une bonne étoile. On n'a qu'à penser à la fameuse
brasserie Holder, dans le Vieux-Montréal. Espérons pour eux qu'elle ne soit pas
filante, cette Étoile située à l'écart de la constellation des restos du Plateau
ou du centre-ville. Un des avantages de cette excentricité: aucun problème à
trouver du stationnement!
À TABLE! /
La direction de la cuisine, on l'a confiée à un chef italien, un vrai. Avec
maestria, il interprète des classiques bistro, comme le tartare de boeuf, la
bavette frites et le foie de veau. Il donne une touche ensoleillée aux plats, à
coups de sauces tomates fraîches, d'ail, de pastas maison et de risottos.
En entrée, nous craquons pour un gratin d'aubergines et des calmars grillés. Le
gratin se présente comme un bloc de fines tranches d'aubergine superposées,
servies avec une sauce aux tomates fraîches et basilic. On dirait une lasagne.
C'est moelleux, bon et réconfortant. Les calmars, quant à eux, sont enrobés
d'une panure aérienne et craquante et sont accompagnés par une salsa de tomates
confites et d'un aïoli très relevé. Une entrée en matière prometteuse.
Le laps de temps qui s'écoule entre les entrées et les plats principaux nous
donne amplement le loisir d'observer la flore et la faune. Cette dernière est
constituée de groupes de jeunes, de familles et de dignes représentantes de
sorties de filles. La clientèle est décontractée. Les voix s'entremêlent à la
musique, dans un brouhaha assez cacophonique. En d'autres mots, c'est très
bruyant.
Les plats principaux finissent par arriver. D'un côté, nous avons un foie de
veau, une belle pièce de viande juteuse déposée sur une polenta crémeuse qui
présente en finale un goût de fromage bleu. Des rapinis al dente reposent sur le
côté. L'ensemble est mis en valeur par une réduction corsée et goûteuse. C'est
bien réalisé et assez réussi. De l'autre, nous avons quatre belles crevettes
dont le goût n'est pas enterré par celui de l'ail; elles sont placées sur un
chemin de riz auquel on a mélangé des feuilles d'épinard frais. Encore là, le
fond de l'assiette est coloré par un jus corsé, cette fois-ci de fruits de mer.
PETITES DOUCEURS /
La classique crème brûlée se fait italienne, en prenant le qualificatif "espresso".
Le chef fait honneur à sa grand-mère en mettant au menu le "tiramisu de
Philomena". Il y a aussi un fondant au chocolat amer (70 %) assez réussi.
EMBALLANT /
C'est à boire qu'il nous faut! La carte des vins, étoffée, ne fait aucune
ségrégation en faisant la part belle aux vignobles de tous les continents.
L'offre de vin au verre est généreuse: une trentaine de choix au total! La liste
des scotchs et whiskys n'est pas piquée des vers non plus.
DÉCEVANT /
Les décibels et le mobilier en bois, pas très confortable, font de l'Étoile un
endroit où l'on ne veut pas s'attarder trop longtemps. C'est le prélude parfait
à une soirée qu'on ira finir ailleurs, dans une salle de spectacles, par
exemple.
COMBIEN? /
Avant le vin, les taxes et le pourboire, notre repas pour deux a coûté une
centaine de huards. À l'heure du lunch, on s'en tire à 30 $ pour deux avec le
menu midi express.
QUAND? /
Du lundi au samedi, de 11h30 à 14h30 et de 17h30 à 22h
OÙ? /
6230, rue Saint-Hubert à Montréal, tél.: 514 787-4647 |